Un envoyé américain à Khartoum pour parler du barrage controversé sur le Nil

Par AFP

AFRICA RADIO

L'émissaire américain Jeffrey Feltman est arrivé vendredi à Khartoum pour discuter du mégabarrage controversé construit sur le Nil par l'Ethiopie et des tensions soudano-éthiopiennes, a indiqué l'agence officielle soudanaise Suna.

Envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique, M. Feltman venait d'Egypte dans le cadre d'une tournée de 10 jours entamée le 4 mai et qui doit le mener également en Erythrée et en Ethiopie. Lors de sa visite de deux jours au Soudan, il doit rencontrer le président du Conseil souverain soudanais, Abdel Fattah al-Burhane, et le Premier ministre Abdallah Hamdok, selon Suna."Les négociations porteront sur le grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD) et sur les tensions frontalières entre le Soudan et l'Ethiopie", a ajouté l'agence.Le GERD, construit dans le nord-ouest de l'Ethiopie, est une source de tensions entre Addis-Abeba, Khartoum et Le Caire depuis la pose de la première pierre en 2011.Le Soudan et surtout l'Egypte en aval du fleuve voient ce barrage comme une menace pour leurs ressources en eau et multiplient les mises en garde contre Addis Abeba qui se dit déterminé à poursuivre son projet. L'Ethiopie affirme que ce barrage est vital pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants. Elle a annoncé en juillet 2020 avoir atteint son objectif annuel de remplissage du barrage. Le début de la seconde phase du processus est prévue en juillet 2021. Des observateurs américains et de l'Union européenne ont assisté à plusieurs cycles de négociations ces dix dernières années entre les trois pays, mais aucun n'a abouti à un accord contraignant. Khartoum et Addis Abeba se disputent par ailleurs le territoire frontalier d'Al-Fashaga connu pour ses terres fertiles. Des milliers de cultivateurs éthiopiens se sont installés dans cette région revendiquée par Khartoum, pratiquant l'agriculture et payant des impôts à l'Etat éthiopien.Le Soudan a envoyé des troupes dans le secteur après le déclenchement en novembre du conflit au Tigré, en Ethiopie. Une série d'accrochages mortels s'en est suivi, les deux camps s'accusant de violences et de violations territoriales.