Un nouveau site d'information censuré en Algérie

2 décembre 2020 à 15h03 par AFP

AFRICA RADIO

Le site d'information algérien, Twala, nouveau-né du paysage médiatique local, n'est plus accessible en Algérie, a annoncé mercredi l'équipe du média, dénonçant une "censure arbitraire".

"Nous dénonçons vigoureusement cette censure arbitraire (...) dont nous ignorons le prétexte. Le journal n'en a jamais été informé", a réagi mercredi, dans un communiqué, l'équipe de Twala."C'est une atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'informer en Algérie", souligne le média, dont le blocage est le dernier en date d'une longue série visant les médias privés. Bloqué un mois et demi à peine après son lancement, "Twala.info reste accessible grâce à la technologie VPN" et "malgré cette censure, l'équipe Twala poursuivra son travail", indique le communiqué. Plusieurs autres sites d'information ont été bloqués par les autorités algériennes au cours de l'année 2020, à l'instar de Radio M, Maghreb Emergent, Interlignes, L'Avant-Garde et TSA (Tout sur l'Algérie), d'après leurs directions respectives. Lancé le 15 octobre par une douzaine de journalistes, Twala est un média bilingue (français et arabe) proposant à la fois un suivi de l'actualité nationale en bref et du long format avec des reportages, des enquêtes, des analyses et des podcasts.Début octobre, le gouvernement a adopté un projet de décret destiné à mieux "encadrer les activités des médias en ligne". Par ailleurs, plusieurs journalistes font l'objet de poursuites judiciaires ou de condamnations à des peines de prison ferme, à l'instar de Khaled Drareni, fondateur du site d'information Casbah Tribune, et correspondant en Algérie de la chaîne francophone TV5 Monde et de Reporters sans frontières (RSF).Ce tour de vis sur internet s'inscrit dans un contexte global de répression ciblant quotidiennement des militants des droits humains, des opposants politiques, des journalistes et des blogueurs critiques à l'égard du régime.Près de 90 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie pour des faits liés aux libertés individuelles. Des charges basées pour beaucoup sur leurs publications sur Facebook, d'après le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de solidarité.L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF, un recul de cinq places par rapport à 2019 et de 27 places par rapport à 2015.