Un pétrolier italien capturé par des pirates dans l'océan Indien (marine)

8 février 2011 à 15h32 par La rédaction

ROME (AFP)

Un pétrolier italien de 105.000 tonnes a été capturé mardi à l'aube par des pirates dans l'océan Indien lors d'une attaque qui n'a pas fait de blessés parmi les 22 membres d'équipage, cinq Italiens et 17 Indiens, a indiqué à l'AFP la marine italienne.

"Le pétrolier +Savina Caylyn+ a été attaqué ce matin vers 04H30 GMT par cinq pirates, semble-t-il, qui se trouvaient à bord d'une petite embarcation.L'attaque s'est produite à environ 880 milles nautiques de la Somalie et 500 milles de l'Inde", selon la même source.

Les pirates auraient tiré plusieurs rafales de fusils d'assaut et au RPG mais sans faire de blessés, selon les premières informations.

L'armateur du pétrolier est la société italienne Fratelli D'Amato, de Naples, dans le sud de l'Italie.

Sur une chaîne de télévision locale, un dirigeant de la société, Pio Schiano, a évoqué en milieu de journée l'établissement d'un contact avec les ravisseurs, qui n'avaient pas demandé de rançon dans l'immédiat.Il a assuré que l'équipage allait bien, sans fournir d'autres détails.

A Bruxelles, le porte-parole de la flottille européenne antipiraterie Atalante, le lieutenant-colonel Paddy O'Kennedy, a précisé: le "bateau battant pavillon italien a été capturé tôt ce matin à environ 600 milles nautiques à l'est de Socotra", une île yéménite, "par cinq pirates à bord d'un canot".

"Le pétrolier fait actuellement route vers l'ouest", c'est-à-dire vers la côte somalienne, a-t-il ajouté.

Selon la marine italienne, le fait que l'attaque se soit produite aussi loin de toute terre signifie probablement que le canot avec les pirates avait une base dans dans les parages, un "navire-mère" plus gros à partir duquel il a lancé l'attaque.

Le commandant du pétrolier italien, un navire de 105.000 tonnes, a essayé d'échapper aux pirates en recourant à des manoeuvres de diversion, changeant de route et de vitesse, utilisant des canons à eau, mais face aux fusils d'assaut il a dû renoncer et se rendre, précise la même source.

Une frégate militaire italienne, le Zeffiro, qui se trouve dans cette région du monde dans le cadre de la lutte contre la piraterie, se dirige vers le lieu de l'attaque, mais elle devrait mettre environ deux jours pour faire les 500 milles nautiques qui la séparent de cet endroit, a précisé la marine.

Le ministère italien des Affaires étrangères a mis sur pied une unité de crise qui suit la situation en contact avec le ministère de la Défense, indique par ailleurs un communiqué officiel.

Le syndicat des armateurs italiens, Confitarma, a réitéré mardi sa proposition d'embarquer des soldats armés sur les navires.

"Nous ne pouvons plus nous en passer", a déclaré Cesare d'Amico, un responsable de Confitarma, affirmant que le syndicat avait demandé en novembre une rencontre avec les ministères de la Défense, des Affaires étrangères et des Transports pour évoquer "la possibilité d'embarquer des marins militaires équipés d'armes légères".

Il y a deux ans environ, en avril 2009, un remorqueur italien, le Buccaneer et ses 16 membres d'équipage, dont dix Italiens, cinq Roumains et un Croate, avait été capturé par des pirates somaliens.L'équipage avait été libéré en août de la même année.