Un quatrième PDG pour l'algérienne Sonatrach en deux ans

17 novembre 2011 à 17h14 par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

En deux ans, la compagnie nationale de pétrole algérienne Sonatrach s'est dotée d'un quatrième PDG, Abdelahamid Zerguine, pour remplacer Nordine Cherouati limogé jeudi de l'une des plus importantes entreprises pétrolières du monde, touchée par une série de scandales de corruption.

Des rumeurs circulaient depuis des semaines dans la presse sur un limogeage de M. Cherouati.Lors d'une conférence de presse improvisée mercredi, il avait déclaré à quelques journalistes que "ce n'est pas innocent, c'est une question d'intérêt".

"Pour que ces rumeurs reviennent, cela veut dire que ce que Sonatrach est en train de faire peut déranger certaines habitudes...certaines pratiques", avait-il déclaré, cité par le quotidien El-Watan, sans préciser ses accusations.

Le couperet est tombé.Il émane du président Abdelaziz Bouteflika lui-même, tout juste rentré du sommet gazier de Doha, où il aurait dû être accompagné de M. Cherouati car la Sonatrach est l'exportateur du pétrole et du gaz algérien, selon des sources gouvernementales.

Aucune explication officielle n'a été fournie à cette décision.

L'agence APS s'est contentée d'annoncer l'entrée en fonction ce jeudi même de M. Zerguine, 61 ans, sans même évoquer le limogeage.

M. Zerguine assurait jusqu'à présent la présidence de Samco, filiale de Sonatrach chargée de la commercialisation du gaz et dont le siège est à Lugano (Suisse) après avoir occupé plusieurs postes importants au sein de l'entreprise forte de 125.000 employés.

En janvier 2010, il devait remplacer Mohamed Meziane à la tête de Sonatrach limogé suite à un scandale de corruption mais le ministre de l'Energie de l'époque, Chakib Khalil, lui avait préféré M. Cherouati.

Entretemps, le vice-président de Meziane, Abdelhafid Feghouli, avait occupé l'intérim avant d'être balayé à son tour par le scandale.

Ce dernier, qui avait provoqué le démantèlement de la direction de Sonatrach et fait partir plusieurs cadres vers des entreprises concurrentes, n'a pas épargné non plus Chekib Khelil, un des ministres les plus proches du président Bouteflika.Il a été limogé en mai 2010 et remplacé par Youcef Yousfi, toujours en poste.

Cette affaire portait sur des malversations financières.Elle a mené à l'inculpation et à la condamnation en mai dernier de MM.Meziane, Feghouli et de trois autres dirigeants de la Sonatrach par le tribunal d'Oran (400 km à l'ouest d'Alger).

M. Méziane a écopé de deux ans de prison dont un ferme et une amende de 500.000 dinars (environ 5000 euros) et Abdelhafid Feghouli à un an de prison dont 8 mois avec sursis et 200.000 dinars (2000 euros) d'amende.Trois autres ont été condamnés à des peines plus légères.

Une seconde affaire de corruption impliquant notamment les dirigeants déjà condamnés de la Sonatrach et leurs proches, en tout une quinzaine de personnes, doit encore être jugée par un tribunal d'Alger.Elle porte sur l'origine de fonds qui ont permis l'acquisition de biens immobiliers en Algérie et en France.

La Sonatrach, deuxième fournisseur de gaz de l'Europe après la Russie, a réalisé pour 59,4 milliards de dollars de chiffres d'affaires durant les dix premiers mois de 2011 (56 mds en 2010), a annoncé mercredi M. Cherouati.

Pour l'an prochain, il prévoit un chiffre d'affaires à l'exportation de 72 milliards de dollars.