Un réseau de prostitution entre le Nigeria et la France démantelé à Bordeaux

Par La rédaction

BORDEAUX (AFP) - (AFP)

La police judiciaire de Bordeaux a démantelé un réseau de prostitution opérant dans plusieurs villes françaises et impliquant des jeunes femmes du Nigeria, contraintes de se prostituer pour rembourser leurs passeurs, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Selon cette source, douze personnes sont mises en examen dans ce dossier instruit par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux.

La plupart des têtes de réseau, d'origine nigériane, ont été mises en examen au courant du mois de septembre pour "proxénétisme aggravé, traite des êtres humains en bande organisée et blanchiment d'argent".

C'était de "l'esclavagisme moderne", a témoigné la source, en évoquant l'histoire de ces jeunes femmes, recrutées au Nigeria et contraintes de reverser une grande partie de leurs gains (600 euros par semaine en moyenne) au réseau, pour rembourser une dette de 60.000 euros contractée au pays.

Selon cette source, la plupart d'entre elles n'ont pas témoigné, par crainte de représailles sur leurs familles restées au Nigeria où se trouvent aussi les chefs du réseau.Certaines ont d'ailleurs été embrigadées dans d'autres réseaux en dépit du démantèlement de celui-ci, toujours pour continuer à rembourser leur dette.

L'enquête révélée par le quotidien Sud Ouest était menée depuis un an environ par la Brigade de répression du banditisme et du proxénétisme (BRBP) de la police judiciaire de Bordeaux en liaison avec l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRETH).

Sollicité, le parquet de la JIRS de Bordeaux n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire.