Une église protestante incendiée à Zanzibar, 48h après le meurtre d'un prêtre

Par La rédaction

ZANZIBAR (Tanzanie) (AFP) - (AFP)

Une église évangélique en construction de l'archipel tanzanien de Zanzibar, essentiellement musulman, a été incendiée mardi, sans faire de victimes, 48 heures après le meurtre d'un prêtre catholique, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'église "a été incendiée aux environs de 03H30 (00H30 GMT) par des inconnus.Il n'y a pas eu de victimes et le feu a pu être éteint", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de l'archipel semi-autonome, Mohamed Mhina.

Le mobile des incendiaires - religieux ou autre - n'était pas connu dans l'immédiat, selon la police qui n'avait procédé pour l'heure à aucun arrestation.

La police a annoncé qu'elle allait "surveiller toutes les églises pour éviter de nouveaux incidents du genre".

Selon un policier sur place, les incendiaires sont entrés dans l'église évangélique Siloam, un bâtiment rudimentaire - murs en parpaings et toit de tôle ondulée posé sur une charpente en bois - , et ont rassemblé la trentaine de chaises de la nef sur l'autel avant d'y mettre le feu.

Les dégâts sont relativement mineurs.Le faux-plafond en contreplaqué situé au-dessus de l'autel et le mur du fond étaient largement noircis de fumée et partiellement abîmés.

L'église Siloam, située à Kianga, à une trentaine de km de Zanzibar Town, capitale de l'archipel, avait été démolie en janvier 2012 par un groupe d'hommes non identifiés, sans que leurs motifs soient éclaircis: attaque à caractère religieux ou différend foncier.

Dimanche matin, le père Evarist Mushi, un prêtre catholique, a été tué par balle par deux inconnus devant son église de Stone Town, quartier historique de la capitale de l'archipel.Au moins trois suspects ont été arrêtés par la police, qui a qualifié le meurtre d'"attaque terroriste".

Le jour de Noël, un autre prêtre catholique, le père Ambrose Mkenda, avait été blessé par balle à Stone Town.

Lundi, l'archévêque de Dar es Salaam, le cardinal Polycarp Pengo, avait critiqué l'inaction de la police après l'attaque de Noël, soulignant que des tracts diffusés à la même époque appelaient à attaquer les églises.

Ces tracts réclamaient la libération des chefs de l'Uamsho (Réveil), une association musulmane locale, arrêtés pour incitations à la violence et troubles à l'ordre public, mais celle-ci a nié en être l'auteur.

"Les forces de l'ordre auraient dû mener des enquêtes appropriées pour prévenir les actes de violence", a déclaré Mgr Pengo, estimant aussi que les églises auraient dû être protégées par la police.

Le prélat a parallèlement appelé les catholiques au calme, rappelant que "l'esprit de vengeance est contraire à notre foi chrétienne".

Les Chrétiens - catholiques et protestants - sont une petite minorité évaluée à mois de 3% des quelque 1,2 million d'habitants de Zanzibar, en quasi-totalité musulmans.