Une figure du régime Ben Ali recherchée par Tunis sous contrôle judiciaire en France

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Une figure du régime de l'ancien président tunisien Ben Ali, Saïda Agrebi, a été placée mardi sous contrôle judiciaire par la justice française au lendemain de son arrestation à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, a-t-on appris auprès du parquet général.

Saïda Agrebi, qui avait fui la Tunisie l'été dernier, a été arrêtée lundi matin lors d'un contrôle de routine alors qu'elle arrivait du Brésil.Elle a été arrêtée en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par un magistrat tunisien en août 2011.

Un juge de la cour d'appel de Paris a décidé mardi de la placer sous contrôle judiciaire, comme l'avait requis le parquet général, a-t-on indiqué.

Cette mesure implique notamment que Mme Agrebi a interdiction de quitter le territoire français, doit remettre son passeport aux autorités et doit se présenter au commissariat une fois par mois, a-t-on précisé.

Les autorités tunisiennes ont désormais 40 jours pour faire parvenir à la justice française une demande d'extradition sur laquelle devra statuer la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, au terme d'un long processus judiciaire.

Figure emblématique du régime de Zine El Abidine Ben Ali et bras droit de son épouse Leïla Trabelsi, Mme Agrebi menait des campagnes de propagande en faveur du régime, sous couvert de son association caritative.

Au lendemain de la chute du régime de Ben Ali, le 14 janvier en plein soulèvement populaire, Mme Agrebi avait tenté de quitter le pays.Déguisée à l'aide de grosses lunettes et se faisant passer pour une invalide en chaise roulante, elle avait tenté de prendre un vol à destination de Nantes, en France, mais avait été reconnue par la police et s'était vu interdire d'embarquer.

Elle avait finalement fui la Tunisie le 30 juillet, quelques jours avant l'émission d'une interdiction de voyage à son encontre, provoquant une levée de boucliers dans le pays.Cette décision d'interdiction, émise le 3 août, avait suivi le dépôt d'une plainte pour corruption au sein de l'association qu'elle présidait, l'Organisation tunisienne des mères (ATM).

Un mandat d'arrêt international avait été émis mi-août par un juge d'instruction de Tunis.