Unesco: des ONG demandent à Paris de refuser la nomination du fils Obiang

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Des ONG ont demandé vendredi au gouvernement français de s'opposer à la nomination du fils du présidentéquato-guinéen Teodoro Obiang Nguema comme représentant adjoint de son pays à l'Unesco, y voyant un moyen d'échapper à une enquête sur son patrimoine parisien.

"Il n'est pas acceptable qu'une organisation internationale telle que l'Unesco puisse être instrumentalisée aux fins de contrarier le cours d'une information judiciaire légalement ouverte en France", écrivent ces ONG, dont Human Rights Watch et la branche française de Transparency International, dans un courrier adressé au ministère des Affaires étrangères.

"Nous vous demandons de refuser d'entériner cette nomination ainsi que le droit international vous y autorise.En effet, par combinaison des articles 7 et 9 de la Convention de Vienne, et en vertu de son droit souverain, l'Etat de réception a la possibilité de limiter la liberté de choix de l'Etat d'envoi en déclarant le représentant persona non grata", assurent-elles.

Le gouvernement de Malabo a récemment refusé que le fils du président, Teodoro Nguema Obiang Mangue, qui est par ailleurs ministre de l'Agriculture, réponde à la convocation des juges d'instruction qui enquêtent sur l'affaire dite "des biens mal acquis" de certains chefs d'Etat africains.

Au terme de dix jours de perquisition dans son luxueux hôtel particulier parisien en février, les magistrats ont fait une saisie record de 200 m3 de biens de valeur, à la fureur de la Guinée équatoriale qui a dénoncé une intrusion illégale dans des locaux diplomatiques.

En septembre 2011, la justice avait déjà saisi dans le même hôtel particulier 11 voitures de luxe appartenant au fils du président Obiang, dit Teodorin.Quelques jours après, le président Obiang a annoncé la nomination de son fils comme délégué permanent adjoint de Guinée équatoriale auprès de l'Unesco.

Une source à l'Unesco a précisé à l'AFP que si le fils Obiang avait bien été officiellement désigné par son pays à la fin de l'année dernière, l'intéressé n'a depuis entrepris aucune démarche auprès de l'agence de l'ONU pour obtenir son titre de séjour en France.

"En conséquence, l'Unesco n'a pas à ce jour transmis de dossier administratif au Quai d'Orsay qui a le mot final pour accorder ou pas un titre de séjour", précise cette source.

Parallèlement, le président équato-guinéen tente en vain depuis plusieurs années d'imposer la remise par l'Unesco d'un prix sur la recherche scientifique portant son nom.