Vaccins: les grands pays émergents plaident pour la suspension des brevets

Par AFP

AFRICA RADIO

Le groupe Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) a plaidé mardi pour l'accélération de la livraison de vaccins anti-Covid, réitérant que la suspension des brevets aiderait les pays les plus pauvres à lutter contre la pandémie.

Dans un communiqué commun publié à l'issue d'une réunion en ligne, les ministres des Affaires étrangères de ces pays ont affirmé qu'une "vaccination généralisée" contribuerait à juguler la pandémie, soulignant "l'urgence du développement et du déploiement rapides de vaccins, en particulier dans les pays en développement". Ils ont aussi exprimé leur soutien à la campagne mondiale menée par Pretoria et Delhi auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de renoncer temporairement aux droits de propriété intellectuelle pour ces vaccins.La ministre sud-africaine Naledi Pandor a réaffirmé lors de cette réunion la position de Pretoria --partagée notamment par Delhi et l'Organisation mondiale de la santé (OMS)-- selon laquelle "personne n'est en sécurité tant que nous ne le sommes pas tous".Obtenir un accord de suspension "permettrait l'utilisation de la propriété intellectuelle, le partage et le transfert de technologies", a-t-elle insisté, permettant "la production de vaccins et une distribution plus large". Une suspension des brevets stimulerait la production de vaccins génériques à faible coût, aidant ainsi les pays pauvres qui peinent à vacciner leur population, plaident ses partisans. Le président américain Joe Biden s'y est montré favorable, comme la Chine, mais d'autres poids lourds de l'industrie pharmaceutique, dont l'Union européenne, la Grande-Bretagne et le Japon, restent réticents.Ses opposants avancent qu'une telle suspension porterait atteinte aux droits de propriété intellectuelle et que la fabrication d'un vaccin requiert un savoir-faire et des ressources techniques qui ne s'improvisent pas en un jour. "Des millions de personnes dans les pays riches ont été vaccinées, tandis que des milliards dans les pays pauvres attendent toujours et restent vulnérables à la contamination, la maladie et la mort", a rappelé Mme Pandor.Selon l'OMS, seuls 2% des vaccins administrés dans le monde l'ont été en Afrique subsaharienne, une situation que Mme Pandor décrit comme un "déficit mondial d'accès aux vaccins".Soixante-trois pays ont soutenu la proposition indienne et sud-africaine à ce jour, mais l'unanimité des 164 États membres de l'OMC est nécessaire pour qu'un accord soit trouvé.