Violences au Kenya: le procureur de la CPI veut des obligations "strictes" pour les suspects

14 décembre 2010 à 16h56 par La rédaction

LA HAYE (AFP)

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a précisé mardi les obligations "strictes" qu'il souhaitait voir imposées aux suspects pour lesquels il demandera mercredi des convocations dans le cadre de son enquête sur les violences post-électorales au Kenya fin 2007-début 2008.

"Je crois que des citations à comparaître sont des mesures suffisantes pour garantir la participation des six suspects.Mais en tant que procureur de la CPI, je demande que des conditions claires leur soient imposées", a indiqué Luis Moreno-Ocampo dans un communiqué, précisant que ces conditions sont "strictes".

"Si les suspects ne remplissent pas les conditions imposées par la chambre, je demanderai des mandats d'arrêt.S'il y a la moindre indication de pots de vin, d'intimidation ou de menaces, je demanderai des mandats d'arrêt", a mis en garde M. Moreno-Ocampo.

Le procureur dévoilera mercredi lors d'une conférence de presse à La Haye les noms des six suspects, principaux responsables, selon lui, des violences post-électorales commises au Kenya fin 2007-début 2008, pour lesquels il demande aux juges de la CPI de délivrer des citations à comparaître.

Le magistrat demande notamment que les suspects n'aient aucun contact entre eux, ni avec les témoins ou les victimes des crimes, qu'ils ne falsifient pas de preuves, qu'ils n'entravent pas l'enquête et qu'ils ne commettent pas de nouveaux crimes.

"En outre, ils doivent répondre à toutes les demandes des juges, assister à toutes les audiences si leur présence est requise", poursuit le procureur qui déclare "attendre des suspects qu'ils indiquent à la chambre sous peu leur intention de se livrer ou non".

Quelque 1.500 personnes avaient été tuées et plus de 300.000 déplacées lors des violences qui avaient accompagné la réélection contestée du président Mwai Kibaki le 27 décembre 2007 face à son adversaire malheureux Raila Odinga, désormais Premier ministre d'un gouvernement de coalition.

La CPI avait décidé d'ouvrir une enquête devant l'incapacité des autorités kenyanes à mettre en place un tribunal spécial.