Violences électorales au Kenya: audience de confirmation des charges devant la CPI

Par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

L'audience de confirmation des charges pesant contre l'ancien ministre kenyan William Ruto, soupçonné de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2007/2008 au Kenya, s'ouvrira jeudi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

L'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2012, est convoqué devant la CPI avec le ministre kenyan de l'Industrialisation Henry Kosgey et le présentateur de radio Joshua Arap Sang.Libres, ils font tous trois l'objet de citations à comparaître.

La CPI avait confirmé mardi en appel la recevabilité de la procédure engagée contre les trois hommes, proches du Premier ministre kenyan Raila Odinga, du Mouvement démocratique orange (ODM), contestée par Nairobi.

Prévue pour durer jusqu'au 12 septembre, l'audience de confirmation des charges est destinée à permettre aux juges de déterminer si les éléments de preuves rassemblés par le bureau du procureur sont suffisants pour la tenue d'un procès.

Les juges, qui mettront leur décision en délibéré, ont autorisé la défense à présenter deux témoins pour chaque suspect alors que celle-ci avait demandé à en présenter 48 au total pour contester la validité des charges.

Une seconde audience de confirmation des charges contre trois autres suspects, proches de l'autre camp au pouvoir au Kenya, celui du président Mwai Kibaki, s'ouvrira le 21 septembre.Ils sont également libres et font l'objet de citations à comparaître.

Programmée jusqu'au 11 octobre, elle sera consacrée aux charges pesant contre le vice-Premier ministre et ministre des Finances Uhuru Kenyatta, plus haut responsable kenyan visé par cette procédure et lui aussi candidat potentiel à la présidentielle de 2012, Francis Muthaura, le bras droit du président Kibaki, et Mohammed Hussein Ali, chef de la police à l'époque des faits.

Les six hommes sont soupçonnés notamment de meurtres, transfert forcé de population et persécutions dans les mois qui avaient suivi la réélection contestée de l'actuel président face à Raila Odinga, actuel Premier ministre d'un gouvernement de coalition.

Selon l'accusation, quelque 1.200 personnes avaient été tuées lors des violences post-électorales et plus de 300.000 avaient été déplacées.