Violences électorales en Côte d'Ivoire: une centaine de personnes libérées, une centaine toujours détenues

Par AFP

AFRICA RADIO

Une centaine de personnes emprisonnées après les violences meurtrières qui avaient émaillé l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, ont été libérées et une centaine d'autres restent détenues, a annoncé vendredi le procureur d'Abidjan.

"Les juges d'instruction ont ordonné les 28 et 29 avril la mise en liberté provisoire ou sous contrôle judiciaire d'une centaine d'inculpés", a déclaré Richard Adou lors d'une conférence de presse."A ce jour, 102 personnes pour lesquelles les investigations se poursuivent restent détenues", a-t-il ajouté, précisant toutefois que ces personnes pourraient bénéficier d'une libération provisoire ou sous contrôle judiciaire. Une centaine de personnes avaient été tuées et un demi-millier blessées en août et novembre 2020 lors des violences électorales. L'opposition avait boycotté le scrutin présidentiel et appelé à la désobéissance civile contre un troisième mandat du chef de l'Etat Alassane Ouattara, finalement réélu. Parmi les personnalités de prison se trouvait Pulcherie Gbalet, une figure de la société civile ivoirienne, sortie mercredi après huit mois de détention. Elle a appelé vendredi à "une véritable réconciliation" nationale.La tension née lors de la présidentielle est retombée depuis plusieurs mois en Côte d'Ivoire, les élections législatives de mars s'étant déroulées dans le calme et avec la participation de l'opposition, et le pouvoir ayant multiplié les gestes d'apaisement.Dans le cadre de ce processus de "réconciliation nationale", plusieurs partisans et responsables du parti de l'ex-président Laurent Gbagbo sont rentrés vendredi en Côte d'Ivoire, après 10 ans d'exil au Ghana, à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011.Le président Ouattara a ouvert la porte au retour de Laurent Gbagbo et de son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, définitivement acquittés le 31 mars par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité lors de cette crise. Alors que les deux hommes restent sous le coup de condamnations à 20 ans de prison par la justice ivoirienne, le procureur Richard Adou a évoqué "le temps de la réconciliation aujourd'hui". "La justice fera son travail dans un cadre consensuel de réconciliation, la justice est un outil de réconciliation", a-t-il déclaré.