Violences policières au Nigeria, le gouvernement doit "tenir ses promesses" (Amnesty)

Par AFP

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Le gouvernement nigérian doit "tenir sa promesse" faite dimanche de sanctionner une unité de police régulièrement accusée de violences, a affirmé mardi Amnesty International après une large mobilisation des réseaux sociaux ce week-end pour dénoncer la brutalité de cette brigade.

"Sans réforme au sein de cette unité, ni efforts pour mettre fin aux extorsions et violences contre les Nigérians, les promesses du gouvernement ne seront que de vaines paroles", déclare l'organisation dans un communiqué.Depuis vendredi, de nombreux Nigérians exigent sur les réseaux sociaux la dissolution de la Brigade spéciale de répression des vols (SARS), accusée d'arrestations illégales, de torture et même de meurtre.Face à la mobilisation, le gouvernement a réagi dimanche et interdit à cette unité de mener des opérations de routines, telles que les barrages routiers et les fouilles de véhicules."C'est la quatrième fois en quatre ans que de telles sanctions sont prises", a noté Amnesty International, qui affirme que les autorités ont jusqu'ici "échoué à mettre fin à l'impunité" au sein de cette brigade.Dimanche, Abuja a également promis une réforme de la police et affirmé que les policiers du SARS impliqués dans ces violences seraient poursuivis. Elle a ainsi annoncé l'arrestation de deux officiers accusés d'extorsion."Par le passé, les enquêtes sur les violences policières n'ont pas été menées jusqu'au bout ou alors elles ont été entachées d'irrégularités", dénonce dans le communiqué Osai Ojigho, directeur d'Amnesty International au Nigeria. La Brigade spéciale de répression des vols est accusée de brutalité depuis plusieurs années. En 2017, l'unité avait été réorganisée, mais les violences avaient continué, selon les organisations de défense des droits humains.Un an plus tard, le gouvernement avait mis en place une commission judiciaire afin d'enquêter sur ces accusations et pour élaborer des recommandations en vue d'une réforme. Son rapport n'a toujours pas été rendu public près de deux ans après avoir été remis au gouvernement, selon Amnesty International.