Viols: Kinshasa dénonce les "admonestations" du Conseil de sécurité de l'ONU

17 septembre 2010 à 16h21 par La rédaction

KINSHASA (AFP)

Le gouvernement de la RD Congo "n'a pas attendu les admonestations" du Conseil de sécurité de l'ONU "pour faire son devoir", a déclaré vendredi à l'AFP son porte-parole, en réponse aux critiques du Conseil à propos des viols en série commis récemment dans l'est du pays.

"Le gouvernement congolais n'a pas attendu les admonestations du Conseil de sécurité pour faire son devoir.Nos unités (militaires) qui sont déployées au Kivu ont été mises au contact offensif avec ces groupes de violeurs, nous les avons assiégés", a estimé le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, interrogé par l'AFP.

"C'est nous les victimes.Vous croyez que les auteurs sont liés au gouvernement de la RDC ? On connaît les auteurs, même s'ils sont en RDC, ils n'ont aucun lien avec le gouvernement", a-t-il ajouté.

Plusieurs centaines, sans doute plus de 500, femmes et enfants ont été violés au cours de violences dans les provinces du Nord et Sud-Kivu (est), fin juillet et en août, attribuées à des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des milices locales Maï-Maï.

Vendredi, le Conseil de sécurité a demandé "instamment au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) de veiller à ce que les auteurs de ces crimes terribles fassent très rapidement l'objet de poursuites impartiales et de l'informer des mesures prises à cette fin".

Il a également demandé à Kinshasa "de condamner ces atrocités, de fournir une assistance effective aux victimes de sévices sexuels", qu'il "soit mis fin à l'impunité" et a réaffirmé en particulier que "les responsables de violations flagrantes des droits de l'Homme doivent répondre de leurs actes".

"Il faudrait quand même voir à aider le bras armé du gouvernement pour pourchasser les gens (auteurs des viols), les arrêter, les juger et les punir.Nous sommes déjà occupés à le faire nous-même", a répondu M. Mende, également ministre de la Communication et des Médias.

"Les FDLR et les Maï-Maï qui sont leurs associés sont les ennemis des forces armées du gouvernement.Pourquoi alors c'est le gouvernement que l'on critique ? Que l'on nous encourage plutôt à continuer la répression que nous entretenons contre ces gens", a-t-il conclu.

Le 7 septembre, un haut responsable de l'ONU avait reconnu que la Mission onusienne en RDC (Monusco), forte de quelque 18.000 Casques bleus en majorité basés dans l'est, avait failli à sa mission en se montrant incapable d'empêcher les viols systématiques.

Depuis le 1er septembre, la Monusco a fortement renforcé sa présence et ses patrouilles dans la région de Walikale (ouest du Nord-Kivu), où quelque 380 femmes ont été violées fin juillet, selon les autorités locales.

Dans un communiqué publié cette semaine au sujet de cette opération, la Mission a déclaré: "Malgré certains obstacles, aucune exaction n'a été rapportée.On peut donc parler de succès.Elle a démontré la réactivité de la Monusco et sa capacité à adopter une posture robuste".