Wangari Maathai, "une force de la nature"

Par La rédaction

NAIROBI (AFP)

La Kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, décédée dimanche à 71 ans, était "une force de la nature", capable, comme les arbres africains qu'elle a défendus toute sa vie, de "survivre parfois dans les conditions les plus difficiles", a estimé lundi Achim Steiner, directeur exécutif de l'Agence des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

A la suite de son mouvement de plantation d'arbres en Afrique lancé en 1977, le "Mouvement de la ceinture verte", Wangari Maathai avait soutenu en 2006 une campagne du PNUE pour planter "un milliard d'arbres" dans le monde, rappelle M. Steiner.Onze milliards d'arbres ont été plantés à ce jour, ajoute le directeur du PNUE, dont le siège est à Nairobi.

"Wangari Maathai était une force de la nature.Alors que d'autres usent de leur pouvoir et de leur force vitale pour endommager, dégrader l'environnement et en retirer un profit à court terme, elle a utilisé (ses capacités) pour leur faire obstacle, mobiliser les populations et défendre la préservation de l'environnement et le développement durable plutôt que (sa) destruction", poursuit M. Steiner.

"Elle était, comme les acacias et comme ces arbres Prunus Africana pour la protection desquels elle s'est battue avec tant de noblesse et d'assiduité, dotée d'un caractère fort et capable de survivre parfois dans les conditions les plus difficiles", ajoute le secrétaire général adjoint des Nations Unies.

"Elle a risqué sa vie plusieurs fois dans ses campagnes auprès des femmes et des jeunes (...), emportant ses messages, son charme, son humour inébranlable, son optimisme, sa force de conviction, son honnêteté et ses capacités intellectuelles de son Kenya natal jusqu'aux plus hautes enceintes internationales sur le changement climatique ou sur la perte de la biodiversité", souligne M. Steiner.

"Le PNUE a perdu un vrai ami et une icône du mouvement pour la défense de l'environnement.Mais son oeuvre et sa vision survivront chez les millions de gens qui ont entendu Wangari, chez qui ses objectifs et ses idéaux ont fait écho, et qui, comme eux, ont relevé leurs manches pour construire un meilleur avenir pour tous", conclut le patron de l'agence des Nations unies.