Washington met en garde l'Egypte après l'inculpation d'un militant des droits humains

14 juillet 2021 à 23h58 par AFP

AFRICA RADIO

Les Etats-Unis ont mis en garde l'Egypte contre le fait de prendre pour cible des militants des droits humains et indiqué que cela serait pris en compte lors de tractations en vue de ventes d'armes entre les deux pays alliés, après l'annonce par un éminent activiste de son inculpation.


Hossam Bahgat, directeur exécutif de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (IEDR) a annoncé cette semaine avoir été inculpé par des procureurs pour des faits relatifs à son activité sur les réseaux sociaux, dont un tweet critiquant les autorités électorales, et que son procès commencerait le 7 septembre.Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a exprimé la "préoccupation" des Etats-Unis concernant cette inculpation et le maintien en détention d'autres membres de la société civile, universitaires et journalistes."Nous avons indiqué au gouvernement égyptien notre profonde conviction que des individus tels qu'Hossam Bahgat ne devraient pas être pris pour cible pour avoir pacifiquement exprimé leur opinion", a affirmé le porte-parole à des journalistes.Interrogé sur l'impact d'une telle question sur une importante vente d'arme à l'Egypte actuellement envisagée, Ned Price a répondu: "Les droits humains, à tous les niveaux, sont quelque chose à quoi nous prêtons attention lorsque nous prenons ces décisions."Le président Joe Biden, lorsqu'il était candidat, avait promis de ne plus donner de "blanc-seing" au président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, un proche allié de son prédécesseur Donald Trump.Mais le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a rendu visite au chef d'Etat égyptien en juin, dont il a salué l'intervention ayant permis d'établir un fragile cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.Hossam Bahgat, journaliste et fondateur de l'IEDR, fait l'objet d'une interdiction de quitter l'Egypte et ses avoirs ont été gelés, selon les Nations unies. Trois membres de son organisation ont été arrêté en novembre 2020, une situation jugée "très inquiétante" par l'ONU.