Zambie: l'Etat renonce au procès de 54 séparatistes

29 novembre 2013 à 14h46 par La rédaction


Lusaka (AFP)

La justice zambienne a classé sans suite vendredi les poursuites contre 54 séparatistes du Barotseland (ouest) passibles de la peine de mort pour haute trahison, après avoir déjà renoncé à poursuivre 30 autres militants ce mois-ci. 

Le parquet a décidé de ne pas continuer les poursuites contre le groupe, a indiqué le juge Aridah Chulu, sans préciser les raisons de cette décision.

"Je retire les poursuites mais je voudrais vous prévenir que vous pourriez être à nouveau arrêté pour les mêmes faits", a déclaré M. Chulu, sans préciser s'il faisait allusion à une possible récidive ou à une possible réouverture du même dossier.

Les prévenus, pour la plupart issus de la tribu des Lozi, avaient été arrêtés en août lors d'un coup de filet contre le mouvement indépendantiste de cette province pauvre, ancien royaume africain puis protectorat britannique, et rattachée à la Zambie en 1964 lors de la décolonisation.

Ils étaient en train de hisser leur drapeau et de scander des slogans hostiles au pouvoir central.

"C'est une victoire pour le peuple du Barotseland, et pas pour la Zambie.C'était un procès politique et nous allons pouvoir rentrer dans notre pays", a commenté Muleta Kalaluka, un membre du groupe.

Le procès s'annonçait comme un événement judiciaire en Zambie.

Les tensions indépendantistes au Barotseland sont restées en sommeil jusqu'aux années 1990, mais ont repris depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel président Michael Sata.

En janvier 2012, la police avait interrompu une réunion publique de militants en tirant à balles réelles, provoquant une émeute qui s'était soldée par la mort de deux personnes dans la ville de Mongu.

L'an dernier, le président avait estimé que toute concession faite à la tribu Lozi risquait de créer un précédent, dans un pays qui compte plus de 70 groupes éthniques.

Selon un accord avec le premier président zambien, Kenneth Kaunda, la région devait bénéficier d'un régime de gouvernement local permettant une certaine autonomie mais les Lozi affirment que cet accord, important pour la distribution des terres, n'a jamais été respecté.Ils accusent Lusaka de négliger le développement de la région.La Zambie est le premier producteur de cuivre africain.