Zimbabwe: arrestation d'un militant d'ONG accusé de subversion

Par AFP

AFRICA RADIO

Un responsable d'une association d'ONG zimbawéennes, Rashid Mahiya, a été arrêté et accusé de subversion à la suite des violentes manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays en janvier, a annoncé son avocat mardi.

M. Mahiya est directeur de l'organisation Heal Zimbabwe (Guérir le Zimbabwe) Trust et président de Crisis in Zimbabwe Coalition, une alliance de groupes de défense des droits humains et d'action sociale."Il est accusé d'avoir (tenté de) renverser un gouvernement élu conformément à la Constitution", a déclaré l'avocat Tonderai Bhatasara à l'AFP. Il a été placé en détention jusqu'au 12 mars après avoir comparu brièvement devant un tribunal mardi.M. Mahiya s'était rendu lundi après que des inconnus eurent fait irruption chez lui alors qu'il n'y était pas."Nous avions des informations selon lesquelles il pourrait être recherché. Nous avons pensé qu'il était prudent qu'il se présente à des policiers connus dans un poste de police plutôt que d'attendre d'être arrêté par des justiciers", a expliqué son avocat.Les accusations portées contre M. Mahiya ont leur origine dans une réunion qu'il avait organisée en décembre, à laquelle ont assisté plusieurs ONG.Les enquêteurs affirment qu'il a profité de ce rassemblement pour appeler d'autres groupes et les Zimbabwéens à "renverser le gouvernement élu", selon son avocat.La police a par ailleurs arrêté mardi une comédienne et satiriste connue, Samantha Kureya, après son apparition sur scène vêtue d'un uniforme de police, selon des avocats.Samantha Kureya, dite "Gonyeti", est l'un des artistes de la populaire chaîne de télévision satirique en ligne BustopTV."Elle a été emmenée de chez elle vers un poste de police où elle a été interrogée sur l'endroit où elle avait obtenu l'uniforme", a raconté à l'AFP Kumbirai Mafunda, porte-parole de l'organisation des Avocats zimbabwéens pour les droits humains.Samantha Kureya a été libérée après avoir payé une amende de 20 dollars (17,6 euros)."Le harcèlement et les arrestations ciblées de dirigeants de la société civile nuisent à la réputation et à l'avenir économique du Zimbabwe", a déclaré mardi l'ambassade des États-Unis dans un tweet. "Nous appelons le gouvernement zimbabwéen à respecter sa Constitution, à protéger les droits humains et à favoriser un environnement dans lequel tous peuvent contribuer au progrès de la nation".Des manifestations avaient éclaté en janvier dans tout le Zimbabwe après l'annonce du doublement des prix du carburant dans un pays déjà en proie à une flambée du coût de la vie et à des pénuries de produits de base.La répression avait fait au moins 17 morts et des centaines de blessés. Quelque 1.100 personnes, dont des parlementaires, avaient été arrêtées.