Zimbabwe: l'ONU s'inquiète d'une répression sous couvert de lutte contre le virus

Par AFP

AFRICA RADIO

Le Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU a demandé vendredi aux autorités zimbabwéennes de ne pas utiliser la lutte contre le Covid-19 pour réprimer les libertés.

Evoquant les arrestations en début de semaine d'un opposant et d'un journaliste d'investigation, le HCDH se dit "inquiet que les autorités puissent utiliser la pandémie de Covid-19 comme un prétexte pour réprimer la liberté d'expression et la liberté de rassemblement".Jacob Ngarivhume et Hopewell Chin'ono ont été arrêtés lundi par la police et inculpés d'incitation à la violence publique."Appeler à une manifestation pacifique ou y participer sont des droits élémentaires", a souligné la porte-parole du HCDH Liz Throssel, lors d'un briefing virtuel."Nous sommes également inquiets d'informations selon lesquelles la police a utilisé la force pour disperser et arrêter des infirmières ayant enfreint les mesures de confinement pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail", a-t-elle ajouté."Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement pour endiguer la pandémie, il est important de rappeler que toutes les mesures de restrictions doivent être justifiées, proportionnées, limitées dans le temps, et appliquées dans le respect des droits humains", a-t-elle poursuivi.Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a décrété mardi un couvre-feu et réinstauré des mesures strictes de confinement pour tenter d'endiguer la propagation du nouveau coronavirus, après une brusque récente hausse des cas.Le nombre de contaminations recensées dans ce pays d'Afrique australe, dont le système de santé publique est en ruines après des années de sévère crise économique, a augmenté de près d'un tiers au cours de la semaine écoulée, pour atteindre 1.713 cas. Le nombre de décès est lui passé de 18 à 26.