Zimbabwe: l'opposition attribue les difficultés économiques à la crise politique

Par AFP

AFRICA RADIO

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Nelson Chamisa, candidat malheureux à la présidentielle du 30 juillet, a attribué samedi les graves difficultés économiques de son pays à la crise politique provoquée par l'élection d'Emmerson Mnangagwa, le chef de l'Etat sortant.

"Parce que nous n'avons pas résolu les problèmes politiques, notre économie ne s'en sort pas. L'économie est en lambeaux", a déclaré le chef du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), à l'occasion des dix-neuf ans de sa formation."L'état de l'économie reflète celle de la politique qui n'est pas en ordre. Nous avons des solutions à la crise économique", a-t-il ajouté devant des milliers de ses partisans réunis à Harare.Le Zimbabwe connaît sa plus grave crise économique depuis dix ans qui s'est traduite ces dernières semaines par des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments en raison d'un manque de devises.Nelson Chamisa est arrivé officiellement deuxième de la présidentielle du 30 juillet, avec 44,3% des suffrages, derrière Emmerson Mnangagwa qui a été élu dès le première tour avec 50,8% des voix.Ce dernier, chef du parti de la Zanu-PF au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, avait succédé fin 2017 à Robert Mugabe, lâché par sa formation et l'armée. Nelson Chamisa a dénoncé des fraudes lors des élections et saisit la justice qui a rejeté son recours en annulation du scrutin. Mais il continue de se considérer comme le vainqueur."Nous devons diriger ce pays. Nous avons gagné les élections du 30 juillet mais elles nous ont été volées", a-t-il de nouveau insisté samedi, après avoir été présenté par des responsables de son parti comme "le réel président du Zimbabwe"."Mnangagwa, nous ne le reconnaissons pas parce qu'il n'a pas gagné les élections", a-t-il ajouté lors de ce rassemblement, maintes fois reporté à cause de l'épidémie de choléra qui a fait au moins 50 morts depuis septembre.En début de semaine, Nelson Chamisa avait appelé au "dialogue" avec le pouvoir pour résoudre la crise politique et économique.