Zimbabwe: Mugabe ne "sert pas bien son peuple", affirme Obama

Par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Le président américain Barack Obama a affirmé mardi que son homologue du Zimbabwe Robert Mugabe "ne sert pas bien son peuple" et dit avoir "le coeur brisé" par la situation dans ce pays, lors d'un forum avec de jeunes Africains à la Maison Blanche.

"J'ai le coeur brisé quand je vois ce qui se passe au Zimbabwe.Mugabe est un exemple de dirigeant qui est arrivé (au pouvoir) en tant que combattant de la liberté, et je vais être très brutal: il ne sert pas bien son peuple, c'est mon opinion", a indiqué M. Obama.

M. Obama répondait à une question d'un jeune Zimbabwéen invité comme une centaine d'autres ressortissants de pays d'Afrique à participer à une séance de questions-réponses avec lui, à l'occasion du 50e anniversaire des indépendances de 1960.

M. Mugabe, 86 ans, dirige le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980.L'Occident a imposé des sanctions à son cercle de proches, en raison de nombreuses violations des droits de l'Homme commises par son régime.

A cause d'une grave crise économique et politique, Robert Mugabe a été contraint de partager en février 2009 le pouvoir avec son ancien rival Morgan Tsvangirai.

Depuis, leur gouvernement d'union milite pour la levée des sanctions occidentales, mais jusqu'à présent Européens et Américains ont estimé que les progrès réalisés n'étaient pas suffisants pour justifier une telle mesure.

"Tsvangirai a essayé de travailler (avec M. Mugabe) bien qu'il ait lui-même été battu, emprisonné, il a essayé de travailler pour voir si une transition graduelle pouvait avoir lieu.Mais jusqu'à présent, les résultats n'ont pas été à la hauteur de nos espérances", a encore dit M. Obama.

"Je ne souhaite rien davantage que d'ouvrir de meilleures relations diplomatiques, économiques et commerciales avec le Zimbabwe, mais pour ce faire, il nous faudrait voir des indices montrant que cela ne va pas maintenir les abus du passé", a fait valoir M. Obama.

"Le Zimbabwe est l'exemple-type du pays qui devrait être le grenier à blé de toute une région.C'est un pays extraordinaire", a regretté le président.