Zimbabwe: un syndicat appelle les fonctionnaires à une grève de 5 jours

Par La rédaction

HARARE (AFP) - (AFP)

Le principal syndicat de fonctionnaires du Zimbabwe a appelé vendredi à une grève de cinq jours la semaine prochaine pour obtenir notamment le doublement du salaire de base, au lendemain d'une grève de 24 heures qui a été très peu suivie.

"Les représentants des fonctionnaires se sont rencontrés et se sont mis d'accord pour augmenter l'ampleur de notre mouvement et appeler à une grève de lundi à vendredi la semaine prochaine", a déclaré à l'AFP Tendai Chikowore, la porte-parole de l'Association des services publics.

Cet appel intervient au lendemain d'une première grève de 24 heures qui a reçu un accueil mitigé, la grande majorité des fonctionnaires de la capitale ayant été travailler.

Le syndicat veut obtenir notamment une revalorisation du salaire minimum de 200 à 538 dollars par mois, une couverture médicale et une prime pour les fonctionnaires employés dans les zones rurales.

"Nous n'avons pas eu de réponse du gouvernement.Il y a un silence total et je ne suis pas sûre qu'il comprenne la portée du problème", a ajouté Mme Chikowore."Nous allons reconsidérer notre stratégie.Nous demandons à la police de ne pas harceler nos membres.Si cela arrive, nous sommes prêts à descendre dans la rue pour nous opposer à la police", a-t-elle précisé.

Les fonctionnaires, notamment les enseignants, les infirmiers et les médecins, font régulièrement grève depuis 2007.Des hôpitaux ont même dû fermer en 2008, année où l'année scolaire s'est réduite à cinquante jours de cours effectifs.

L'économie zimbabwéenne est en convalescence, après une décennie de chute libre, depuis qu'un gouvernement d'union nationale formé début 2009 associe le président Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, devenu Premier ministre.

Mais le ministre des Finances Tendai Biti --un allié de M. Tsvangirai-- estime que le gouvernement ne peut payer davantage ses 230.000 fonctionnaires, d'autant qu'un tiers d'entre eux seraient des travailleurs fantômes, selon lui.

Robert Mugabe l'a accusé de saboter délibérément l'action du gouvernement en refusant des hausses de salaires aux fonctionnaires.