Niger: d'anciens dignitaires Rwandais risquent l'expulsion, selon leurs avocats

AFRICA RADIO

2 février 2022 à 15h21 par AFP

Huit anciens dignitaires du régime hutu du Rwanda, responsable du génocide des Tutsi en 1994, risquent une expulsion prochaine du Niger qui les héberge depuis fin 2021 en vertu d'un accord avec l'ONU, ont indiqué mercredi leurs avocats nigériens.

"On entend des rumeurs" selon lesquelles "ils vont être expulsés ce soir ou demain, on a peur qu'on les expulse vers le Rwanda", mais "on n'en a pas la certitude, on n'a aucun document officiel", a affirmé à l'AFP Moussa Marou, l'un des avocats nigériens des Rwandais. Il a déploré "un manque de communication de l'Etat" nigérien sur ce dossier et "interpelle son sens humain". Les requêtes de suspension des expulsions ont été "systématiquement" rejetées par la justice, a par ailleurs affirmé Kadidiatou Hamadou, autre avocate. Le domicile des Rwandais à Niamey "a été assiégé par les forces de l'ordre qui les empêchaient de sortir", "leurs pièces d'identité leur ont été retirées", selon Me Marou. Il a affirmé que l'ONU avait exigé le 14 janvier le retrait des forces de l'ordre et la restitution des pièces d'identité. En outre, parmi ces Rwandais âgés de 60 à 85 ans, "beaucoup ont des maladies chroniques" et "n'ont pas l'assistance d'un médecin", s'est alarmé Me Marou. Le 27 décembre dernier, le ministère de l'Intérieur nigérien avait donné "sept jours" aux huit Rwandais pour quitter le Niger où ils étaient arrivés le 6 décembre. Le 31 décembre, l'ONU avait ordonné au gouvernment nigérien de "suspendre" sa décision de les expulser. Quatre de ces huit Rwandais ont été acquittés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et les quatre autres ont purgé la peine à laquelle ce tribunal les avait condamnés. Dans l'accord passé avec l'ONU, "le Niger s'engage à ne pas extrader, ni remettre de quelque autre manière les personnes libérées ou acquittées à la République du Rwanda ou à tout Etat" pour "des faits pour lesquels elles ont déjà jugées par le Tribunal pénal international", selon les avocats.