Niger: la population peut "compter sur l'armée" face aux jihadistes, assure le président

Par AFP

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Le président nigérien Mohamed Bazoum, en visite à Banibangou, ville de l'ouest du pays dont 69 habitants sont morts dans une embuscade jihadiste cette semaine, a demandé à la population de "compter sur l'armée" pour lutter contre la menace terroriste.

"Je voudrais que vous comptiez sur l'armée du Niger c'est leur travail d'assurer votre sécurité" a-t-il déclaré devant un millier d'habitants devant le siège de la préfecture de Banibangou, selon un journaliste de l'AFP. "Je comprends que vous ne soyez pas satisfaits de notre rendement, de nos performances. Si vous pensez que pouvez assurer votre défense c'est légitime mais celui qui doit assurer votre défense et sur lequel vous devez compter c'est l'Etat", a-t-il poursuivi. Le chef de l'Etat faisait référence aux comités d'autodéfense constitués récemment dans la région pour veiller sur les paysans, régulièrement ciblés par des hommes armés dans leur champs. Selon des sources locales, c'est un de ces comités, avec l'édile de Banibangou à sa tête, qui a été pris dans une sanglante embuscade mardi. Sur les 84 membres de ce "comité de vigilance", 69 sont morts, dont le maire de la ville. Depuis le début de l'année, des jihadistes présumés multiplient les assauts sanglants contre des civils dans la zone de Banibangou et des communes voisines de la région de Tillabéri, faisant des centaines de morts. "De tous les soucis que nous avons, le souci de l'insécurité dans la région de Tillabéri est la chose qui m'empêche le plus de dormir et sur laquelle je réfléchis le plus. C'est un défi pour notre pays, c'est un défi numéro un pour moi", a déclaré M. Bazoum, samedi. "Nous avons déployé des forces, mais l'espace est vaste et les sollicitions sont nombreuses. Les terroristes utilisent des motos, ils sont rapides, ils sont lâches, ils viennent dans les villages isolés. Surtout, il faut éviter que cela dégrade la relation entre les communautés, nous sommes des frères", a poursuivi le chef de l'Etat. Le Niger fait face au terrorisme sur plusieurs fronts. Dans l'ouest, Tillabéri, région immense et instable de 100.000 km2 dans la zone dite "des trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, est le théâtre depuis 2017 d'actions meurtrières de groupes armés liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI). A l'autre bout du pays, dans le sud-est riverain du Lac Tchad et du Nigeria, la région est un repaire du groupe Boko Haram et de son rival et dissident Iswap (Etat islamique en Afrique de l'Ouest).