Niger : sept "terroristes" tués et une trentaine de "complices" arrêtés (ministère)

AFRICA RADIO

15 septembre 2022 à 18h21 par AFP

Sept terroristes présumés ont été tués et une trentaine de "complices" du groupe jihadiste Boko Haram ont été arrêtés en deux semaines dans le sud-est du Niger, proche du Nigeria et théâtre d'attaques régulières, a annoncé jeudi le ministère de la Défense

Dans son bulletin hebdomadaire des opérations militaires, le ministère écrit que l'armée a tué cette semaine "sept suspects terroristes" dans la commune de Gueskérou, près du Nigeria, et "démantelé" des "caches de kidnappeurs" dans le département de N'Guigmi un peu plus au nord, près du Tchad. Le ministère a également annoncé l'arrestation de "six complices de Boko Haram" au cours d'une offensive militaire dans la zone de Toummour (sud-est). Il affirme aussi que l'armée a intercepté le 9 septembre, "une trentaine d'individus de nationalité étrangère" qui transportaient "divers matériels destinés aux éléments de Boko Haram". Ces arrestations ont eu lieu près de Kintchandi, toujours dans la région de Diffa, la grande ville du sud-est du Niger, précise le bulletin. L'armée n'a pas révélé l'identité des personnes arrêtées, mais assure les avoir "mises à la disposition des autorités de leur pays". Des sources locales évoquent des "ressortissants nigérians". "A défaut d'attaques d'envergures, Boko Haram (et l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ISWAP) multiplie les rapts contre rançons et sème la panique sur les axes routiers", a expliqué à l'AFP un habitant de N'Guigmi. En outre, le Bureau des Nations unies pour les Affaires humanitaires (Ocha) à Niamey, signale un "mouvement" de plus de 2.000 personnes déplacées, originaires des îles du lac Tchad et en majorité des femmes et des enfants, qui se réfugient vers des zones sûres, après "des menaces proférées par des groupes armés non étatiques (GANE)". Ce mouvement "est toujours en cours", s'alarme l'organisation. Début septembre, un responsable local nigérien a déclaré à l'AFP que les jihadistes avaient ordonné fin août à la population de quitter les îles et avaient tué certains qui ne l'avaient pas fait. Selon une source locale, ces tueries sonnent comme "des représailles" par des éléments de Boko Haram qui "reprochent" aux pêcheurs de ne plus vouloir les ravitailler. Les autorités de Diffa ont souvent dénoncé la complicité" dont bénéficie Boko Haram de la part d'"une partie de la population" soucieuse d'accéder au Lac Tchad voisin pour assurer sa survie dans cette zone désertique. La région de Diffa, frontalière du Nigeria et du Tchad, abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes, chassés par les exactions de Boko Haram et de l'Iswap, selon l'ONU.