Nigeria: avant la présidentielle, un scrutin partiel test marqué par des problèmes techniques

Par AFP

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Des problèmes techniques ont émaillé samedi l'élection du nouveau gouverneur de l'Etat d'Anambra, dans le sud-est du Nigeria, un scrutin-test à 18 mois de la présidentielle dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Awka (Nigeria) (AFP)

Plus de 30.000 policiers avaient été déployés pour sécuriser l'élection, après une série d'attaques attribuées au Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob), qui réclame un Etat indépendant.

Le scrutin s'est déroulé sans violence, mais dans certains bureaux d'Awka, capitale de l'Etat, et dans des zones rurales, des problèmes ont été signalés avec les machines électroniques de reconnaissances digitale et faciale, censés empêcher les irrégularités.

Dans trois des bureaux de vote d'Awka visités par l'AFP samedi matin, les scrutateurs ont indiqué que les machines ne fonctionnaient pas correctement, ce qui empêchait les électeurs de voter ou ralentissait considérablement les opérations électorales.

La Commission électorale nationale indépendante (Inec) a indiqué être "en train de vérifier la raison pour laquelle les machines (...) ont fonctionné parfaitement dans certains bureaux de vote et pas dans d'autres".

Dans les bureaux touchés, l'Inec a prolongé le scrutin de quelques heures samedi ou dimanche, ou l'a reporté à une autre date à déterminer, afin que tous les électeurs puissent voter.

Le dépouillement a commencé, mais aucun résultat préliminaire n'était attendu avant dimanche matin. 

Les élections au Nigeria sont régulièrement émaillées de violences, de plaintes pour fraude et de contestations judiciaires depuis le retour à la démocratie en 1999, après des décennies de régime militaire.

- candidat visé -

Selon des analystes, l'organisation du vote et le taux de participation donneront le ton avant le scrutin présidentiel de 2023 au Nigeria, en proie à une insécurité généralisée, entre insurrections, conflits et enlèvements de masse pour l'obtention de rançons, qui se multiplient sur le territoire.

A l'approche de la présidentielle, l'Etat d'Anambra est aussi un enjeu-clé pour les principaux partis, notamment le Congrès des progressistes (APC) du chef de l'Etat Muhammadu Buhari qui cherche à s'ancrer dans le sud-est, bastion de l'opposition.

L'un des trois favoris de la course pour devenir gouverneur, l'ancien directeur de la Banque centrale du Nigeria Charles Chukwuma Soludo, candidat de la Grande Alliance des progressistes (APGA) dont l'Etat est un bastion, a échappé à la mort à deux reprises durant la campagne.

En mars, des hommes armés ont ouvert le feu à la fin d'un discours.Quelques mois plus tard, des malfrats à moto ont de nouveau tenté de l'abattre pendant un meeting.

Un appel de l'Ipob à un sit-in de protestation durant le scrutin pour demander la libération de son dirigeant incarcéré avaient attisé les craintes de violence.

L'Ipob avait annulé jeudi cet appel et appelé les citoyens à voter, mais de nombreux marchés et boutiques sont restés fermés ces derniers jours dans l'Etat d'Anambra par peur des violences.

"Il faut que les gens se sentent en sécurité.Comme vous voyez, je suis là, je n'ai pas de problème", a déclaré samedi à l'AFP un commerçant qui faisait la queue avec des dizaines d'autres électeurs pour voter à Awka.