Nigeria: deux Etats du Sud veulent introduire un pass vaccinal

AFRICA RADIO

31 août 2021 à 16h06 par AFP

Deux Etats du Sud du Nigeria veulent rendre la vaccination obligatoire pour accéder aux lieux publics et aux rassemblements, afin d'accélérer la campagne de vaccination contre le Covid-19 dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Pour endiguer la recrudescence de l'épidémie, plusieurs pays européens ont déjà introduits des pass sanitaires ou des passeports vaccinaux qui ont déclenché des protestations en France et en Italie ces dernières semaines. L'introduction de mesures similaires au Nigeria sera compliquée dans un pays qui a reçu moins de 10 millions de doses de vaccin pour une population de plus de 200 millions d'habitants. La semaine dernière, le gouverneur de l'Etat d'Edo, Godwin Obaseki, a donné aux habitants jusqu'à mi-septembre pour se faire vacciner, sous peine de se voir interdire l'accès à certains lieux, notamment les banques, les réceptions privées, les églises et les mosquées. "Nous avons pris des dispositions adéquates avec les agences de sécurité pour empêcher toute personne ne possédant pas de carte de vaccination d'accéder à ces lieux", a déclaré M. Obaseki. Mais lundi, seules 2,8 millions de personnes avaient reçu une première dose dans tout le pays, selon l'agence nationale en charge du programme de vaccination (NPHCDA), qui a salué "l'exemple montré par le gouverneur de l'Etat d'Edo" pour pousser la population à se faire vacciner. Suite à l'annonce du gouverneur, des manifestants ont protesté lundi dans les rues de Benin City, la capitale de l'Etat, en brandissant des banderoles et en scandant des slogans antivaccins. Le Nigeria a enregistré officiellement 191.805 infections et 2.455 décès depuis février 2020, mais les chiffres réels sont probablement bien plus élevés, en partie à cause des faibles taux de dépistage. Un autre Etat du Sud du Nigeria, Ondo, a également donné deux semaines aux habitants pour se faire vacciner. "La preuve de la vaccination sera la condition pour accéder aux lieux publics, aux églises, aux mosquées", a déclaré le ministre de l'Information de l'Etat, Donald Ojogo, aux médias locaux.