Nord du Burkina : au moins six civils tués dans des attaques de jihadistes présumés

AFRICA RADIO

12 juin 2022 à 15h21 par AFP

Au moins six personnes ont été tuées samedi dans le nord du Burkina Faso, lors de plusieurs attaques attribuées à des jihadistes, ont affirmé dimanche à l'AFP des sources militaire et locale.

"Une attaque terroriste a coûté la vie à six civils à Alga", une localité située dans la province du Bam, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire. "Les terroristes venus en grand nombre ont attaqué le village de Boulounga et le site d'orpaillage de Alga", séparés d'un kilomètre, a expliqué un habitant joint par l'AFP, confirmant le même bilan. "Ils ont incendié des maisons et pillé des biens sur le site d'orpaillage", évoquant également "au moins quatre blessés". Selon cette même source, des habitants quittaient le village dimanche, vers la grande ville de Kaya à une centaine de kilomètres. Selon une deuxième source sécuritaire, une autre "attaque meurtrière", a également eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche à Seytenga, toujours dans le nord du pays, près de la frontière nigérienne. Cette attaque a fait "plusieurs victimes", a indiqué cette source sans donner de bilan précis. Là aussi, les populations de Seytenga ont fui vers Dori, l'autre grande ville du nord du Burkina Faso. Un élu local, joint à Dori, a confirmé "l'arrivée massive de plus de 2.000 personnes dans la ville", assurant que "les autorités et les ressortissants sont à pieds d'oeuvre pour aménager un site d'accueil des déplacés". Jeudi, la brigade territoriale de gendarmerie de Seytenga avait été la cible d'une attaque jihadiste coûtant la vie à onze gendarmes. Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques jihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,9 million de déplacés. Le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence jihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité". Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de jihadistes présumés qui ont fait quelque 200 morts, civils et militaires.