Nord-ouest du Nigeria: au moins 57 combattants d'une milice d'auto-défense tués

AFRICA RADIO

8 mars 2022 à 14h21 par AFP

Au moins 57 combattants d'une milice d'auto-défense ont été tués dans le nord-ouest du Nigeria dans des combats avec un groupe criminel, ont affirmé mardi à l'AFP une source sécuritaire et deux habitants.

Le centre et le nord-ouest du Nigeria sont depuis des années le théâtre de gangs criminels, appelés localement "bandits", qui attaquent les villages, volent le bétail, pillent et tuent les habitants. Pour se protéger des attaques, de nombreux villages ont constitué des milices d'auto-défense, soutenues par le gouvernement. La police locale a confirmé mardi à l'AFP que des combats avaient éclaté lundi entre une milice d'auto-défense appelée Yansakai et des "bandits" près de la localité de Sakaba, dans l'Etat de Kebbi. "Il y a eu un incident impliquant des Yansakai et des bandits qui a fait plusieurs morts des deux côtés", a déclaré à l'AFP Nafiu Abubakar, porte-parole de la police de l'Etat de Kebbi. "Nous n'avons pas encore de bilan précis, nous sommes toujours en train de compiler les chiffres des décès", a-t-il précisé. Cependant, un responsable sécuritaire dans la zone a affirmé à l'AFP que 57 corps de combattants de la milice avait été retrouvés. Sur place deux habitants, joints au téléphone par l'AFP, affirment que 62 combattants de la milice ont été tués dans les combats. "Nous avons retrouvé 62 cadavres de nos miliciens qui ont combattu les bandits", a déclaré Almu Sallami, un de ces habitants de Sakaba. "Les miliciens se sont mobilisés depuis plusieurs villages aux alentours pour faire face à ces bandits qui avaient de meilleurs armes", a-t-il ajouté. Un autre habitant, Sani Bature, a donné à l'AFP le même bilan. Une vidéo, circulant sur les réseaux sociaux, mais dont l'AFP n'a pas encore pu vérifier l'authenticité, montre des dizaines de cadavres alignés, entourés par des villageois. Les bandits fuyaient les opérations militaires en cours sur leurs enclaves dans l'Etat voisin du Niger lorsqu'ils ont été accostés par les miliciens, informés de leur déplacement, a précisé le porte-parole de la police M. Abubakar. "Ils ont affronté les bandits qui étaient davantage armés sans consulter au préalable les forces de sécurité pour une opération conjointe", a-t-il ajouté.