Pandora Papers: "Ne pas chercher là où il n'y a rien" demande le Premier ministre ivoirien

Par AFP

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Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, cité début octobre dans les "Pandora Papers", une enquête journalistique internationale dénonçant des pratiques d'évasion fiscale, a estimé lundi que les accusations contre lui étaient infondées.

"Je souhaite que ce dossier soit clos, il ne faut pas chercher là où il n'y a rien", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse sur l'action du gouvernement, où il s'exprimait personnellement pour la première fois sur ce dossier. Début octobre, l'enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) à laquelle ont collaboré environ 600 journalistes, avait conclu que le Premier ministre Patrick Achi contrôlait une société aux Bahamas jusqu'à au moins 2006. M. Achi a expliqué lundi avoir créé une société à l'étranger - sans préciser où elle était domiciliée - alors qu'il était consultant privé pour pouvoir répondre à des commandes de consultations en France, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni notamment. "D'abord, ma charge de travail ne m'a pas permis de faire ces consultations puis ma carrière a changé. Ce sont des sociétés qui n'ont jamais travaillé et qui n'ont eu aucun actif", a martelé le chef du gouvernement. Après une longue carrière dans le privé puis de consultant en stratégie et gestion, Patrick Achi est entré au gouvernement en 2000 comme ministre des Infrastructures Economiques. Il a occupé ce poste pendant près de 17 ans, avec une interruption d'un an en 2010-2011, servant à la fois sous la présidence de Laurent Gbagbo et celle d'Alassane Ouattara. Il est Premier ministre de la Côte d'Ivoire depuis le 10 mars dernier. "Cette carrière me rend redevable des Ivoiriens, chaque jour je suis en mission (...) pour avoir le sentiment que j'ai changé le destin de quelques personnes", a-t-il assuré lundi, demandant qu'on le laisse faire "le petit travail (qu'il) est en train de faire". Dans la foulée de la parution de l'enquête les services du Premier ministre avaient dénoncé auprès de l'AFP "une atteinte grave à la vérité comme à l'honneur et l'éthique tant civique que professionnelle de Patrick Achi".