Possible extradition de l'ex-ministre des Finances du Mozambique vers les Etats-Unis

AFRICA RADIO

20 décembre 2022 à 22h51 par AFP

La justice sud-africaine a rejeté la requête formée par gouvernement du Mozambique contre l'extradition de Manuel Chang, l'ancien ministre mozambicain des Finances impliqué dans un scandale financier, ce qui ouvre la voie à son extradition vers les États-Unis.

Manuel Chang est détenu en Afrique du Sud depuis 2018 à la demande des autorités américaines, en raison de son implication présumée dans l'énorme affaire dite de la "dette cachée", dans laquelle il aurait utilisé le système financier américain pour mener à bien ce projet frauduleux. La Cour suprême d'appel d'Afrique du Sud a conclu qu'"il n'y a pas de perspective raisonnable de succès dans un appel et il n'y a pas d'autre raison impérieuse pour laquelle un appel devrait être entendu", rejetant la demande le 8 décembre. Le scandale a éclaté en 2016 après que des entreprises publiques du Mozambique, pays pauvre d'Afrique australe, ont emprunté illégalement deux milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) en 2013 et 2014 - pendant que M. Chang était ministre des Finances - auprès de banques internationales pour acheter une flotte de bateaux de pêche au thon et des navires de surveillance. Cette opération avait déclenché un défaut de paiement de la dette souveraine et un effondrement de la monnaie dans le pays. Au début du mois, un tribunal mozambicain a condamné deux anciens responsables des services secrets et le fils de l'ancien président, Armando Guebuza, à 12 ans de prison chacun pour leur rôle dans un scandale de corruption dans lequel le gouvernement avait dissimulé les énormes dettes. Sur les 19 accusés, huit ont été acquittés et les autres ont été condamnés à des peines allant de 10 à 12 ans. Un audit indépendant a révélé que 500 millions de dollars de prêts avaient été détournés. Cet argent reste introuvable. Le ministère sud-africain de la justice avait initialement accepté d'extrader Chang vers Maputo. Une coalition de groupes de la société civile mozambicaine a contesté cette décision, faisant valoir qu'il pourrait bénéficier d'une immunité dans son pays d'origine. En mars, le FMI avait accordé 456 millions de dollars de crédit au Mozambique, criblé de dettes, la première aide de ce type accordée depuis l'éclatement du scandale, pour soutenir la reprise économique et les programmes de réduction de la dette publique.