Qatargate : le parquet opposé à la remise en liberté d'Eva Kaili, selon ses avocats

AFRICA RADIO

19 janvier 2023 à 15h21 par AFP

Le parquet fédéral belge s'est opposé jeudi à une remise en liberté de l'eurodéputée grecque Eva Kaili, incarcérée depuis six semaines dans le cadre du scandale de corruption présumée au Parlement européen impliquant notamment le Qatar, ont annoncé ses avocats.

Devant la chambre du conseil de Bruxelles, qui siégeait à huis clos, les avocats de l'élue socialiste ont demandé des mesures alternatives à la détention provisoire "comme par exemple le bracelet électronique", a dit l'un d'eux, André Risopoulos, à la sortie de l'audience. Mais la position du ministère public a été "fermement négative", a ajouté l'avocat. "Le parquet fédéral estime que tous les risques existent; le risque de fuite, le risque de collusion avec les tiers et le risque de destruction de preuves", a poursuivi Me Risopoulos. La chambre du conseil, la juridiction de contrôle de l'instruction et de la détention provisoire, devait rendre sa décision en fin de journée. Eva Kaili, 44 ans, déchue à la mi-décembre de ses fonctions de vice-présidente du Parlement européen, compte parmi les quatre personnes écrouées dans ce scandale baptisé "Qatargate" mais dans lequel le Maroc est également cité. Elle est soupçonnée d'avoir perçu de grosses sommes d'argent liquide de la part de puissances étrangères pour influer sur les déclarations et les prises de position au sein du Parlement européen en faveur de ces pays. Mme Kaili nie toute corruption, ont répété jeudi ses avocats, qui reprochent à la justice belge de lui faire "payer le prix le plus fort" en le maintenant en détention "dans des conditions difficiles". Son avocat grec Michalis Dimitrakopoulos a dénoncé "de la torture" à propos d'une récente "mise à l'isolement pendant seize heures dans une cellule de police" à l'occasion d'une audition. Selon Me Risopoulos, l'élue grecque emprisonnée n'a pu voir "que deux fois en six semaines son enfant de 23 mois" qu'elle a eu avec son compagnon Francesco Giorgi. Cet assistant parlementaire italien est lui aussi écroué dans cette affaire, tout comme Pier Antonio Panzeri, un ex-eurodéputé socialiste qui fait figure de personnage central et a accepté mardi de collaborer avec la justice en échange d'une peine de prison limitée. "M. Panzeri est en train de s'acheter un futur, c'est très bien", a ironisé devant la presse Me Risopoulos. L'avocat a estimé que l'ancien élu italien devenu dirigeant d'ONG à Bruxelles cherchait principalement à protéger sa famille, avec ce statut de "repenti" permis par la loi belge. L'épouse et la fille de M. Panzeri, qui résident en Italie, sont la cible d'un mandat d'arrêt européen dans l'enquête du juge Michel Claise. Mais elles contestent devant les tribunaux italiens leur remise à la Belgique.

Voir aussi