RDC: attaque des ADF à la frontière entre la RDC et l'Ouganda

AFRICA RADIO

3 février 2022 à 14h06 par AFP

Traqués depuis deux mois par l'armée ougandaise dans l'est de la RDC, des rebelles des ADF ont lancé mercredi soir une attaque dans une localité frontalière, libérant des prisonniers et provoquant la fuite de milliers d'habitants, a-t-on appris jeudi de sources locales.

Au moins quatre personnes ont été tuées: deux par balles et deux dans le mouvement de panique provoqué par les combats, a précisé à l'AFP Pascal Saa Mbili Bhalitusuka, responsable de la "chefferie" (entité administrative) de Watalinga. "Selon des estimations initiales, 3.000 personnes, dont beaucoup d'enfants, ont potentiellement traversé la frontière pour se réfugier en Ouganda", à Busunga, a précisé Leslie Velez, chargée des relations extérieures du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) en Ouganda. Certains habitants sont retournés jeudi matin vers la République démocratique du Congo, ont précisé le HCR et la Croix-rouge. L'attaque a visé une position de l'armée et un poste de police à Nobili, localité frontalière par où transitent depuis fin novembre les troupes ougandaises engagées dans une opération conjointe avec l'armée congolaise contre les ADF (Forces démocratiques alliées), a précisé M. Bhalitusuka. Les ADF, présentés par l'organisation Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale, sont accusés de nombreux massacres dans l'est de la RDC, où ils sont installés depuis les années 90, et de récents attentats jihadistes sur le sol ougandais. Les rebelles ont libéré plusieurs prisonniers qui se trouvaient dans les cachots du poste de police, a précisé M. Bhalitusuka, sans pouvoir expliquer si ces libérations étaient l'objectif principal de l'assaut des ADF. "Les FARDC (forcées armées congolaises) et l'UPDF (armée ougandaise) sont intervenues" pour repousser les assaillants, a-t-il ajouté. "Nous sommes inquiets", a déclaré David Moaze, coordonnateur de l'Addho, ONG locale de défense des droits de l'Homme, en reprochant aux militaires ougandais et congolais de ne pas parvenir à sécuriser la zone. Des bombardements ougandais ont visé depuis le 30 novembre des positions rebelles, mais les ADF continuent à circuler dans la région, a-t-il déploré.