RDC: attentat à la bombe contre une église dans le Nord-Kivu

AFRICA RADIO

15 janvier 2023 à 13h21 par AFP

Un "engin explosif improvisé" a visé dimanche une église pentecôtiste à Kasindi, dans le Nord-Kivu, région de la République démocratique du Congo frontalière avec l'Ouganda, ont annoncé les autorités qui ont attribué l'attentat meurtrier à des "terroristes" proches du groupe Etat islamique.

Le ministère de la Communication a fait état de morts et de blessés mais leur nombre n'était pas connu dans l'immédiat. "Les services de sécurité ont déjà pris le contrôle du lieu et les blessés ont été évacués dans des structures sanitaires" de la région en proie à des violences meurtrières de divers groupes armés depuis des années, a affirmé le porte-parole de l'armée Antony Mualushayi dans un communiqué. Il a fustigé un "acte purement terroriste". Le gouvernement a lui aussi condamné, dans un tweet du ministère de la Communication, "l'attentat à la bombe perpétré visiblement par des terroristes ADF", faisant référence aux Forces démocratiques alliées, présentées par le groupe État islamique comme sa branche en Afrique centrale. L'attentat a visé "des citoyens en plein culte dans la paroisse de la 8e communauté des Églises Pentecôtistes du Congo dans la cité de Kasindi au Nord-Kivu", a précisé le ministère. Les ADF, à l'origine un mouvement rebelle ougandais, sont considérées comme le groupe le plus meurtrier parmi les quelque 120 groupes armés présents dans l'est de la RDC. Elles sont accusées d'avoir massacré des milliers de civils dans ce pays et commis des attentats en Ouganda. Les Etats-Unis les ont placées en 2021 sur leur liste des organisations terroristes. Depuis 2021, une opération militaire conjointe ougando-congolaise vise les ADF dans le Nord-Kivu et la province voisine de l'Ituri. D'autres groupes sont également actifs et cherchent à contrôler des territoires pour des motifs ethniques et/ou pour en extraire les riches ressources du sol, souvent encouragés et financés par les pays voisins. Au Nord-Kivu, le Rwanda est accusé par Kinshasa et les pays occidentaux de soutenir la rébellion tutsi du M23, qui s'est emparée ces derniers mois d'une large portion d'un territoire au nord de Goma.

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