RDC: hommage à 17 militaires congolais tués, nouvelle manifestation anti-Rwanda

AFRICA RADIO

3 juin 2022 à 16h21 par AFP

L'armée congolaise a rendu hommage vendredi à Goma (Nord-Kivu) à 17 militaires qu'elle a dit avoir perdu durant de récents combats dans l'est de la RDC contre les rebelles du M23, a constaté un correspondant de l'AFP.

Dans le même temps, un nouveau rassemblement hostile au Rwanda, accusé par la RDC de complicité avec les rebelles, était organisé à Kinshasa, où les manifestants ont encore demandé la rupture des relations diplomatiques avec Kigali. Les noms des 17 militaires ont été lus lors d'une cérémonie empreinte d'émotion, en présence de familles en pleurs, de hauts-gradés de l'armée, d'officiers de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et du gouvernement militaire de la province du Nord-Kivu. Trois cercueils étaient là, ceux de deux colonels et d'un docteur de l'armée, tués dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, au nord de Goma. Le M23 ("Mouvement du 23 mars"), une ancienne rébellion tutsi vaincue en 2013, a repris les armes en fin d'année dernière contre les forces régulières congolaises à Rutshuru, et le front s'est rapproché de Goma fin mai, vers Nyiragongo. L'armée rwandaise a été accusée de combattre aux côtés des rebelles, ce que Kigali dément. "Si l'ennemi traverse la frontière n'aie pas de pitié et ne travaille jamais des deux côtés car Dieu te punira. Reste avec la nation et tu seras béni", a exhorté un aumônier militaire devant la foule. La bravoure des militaires a été vantée dans l'oraison funèbre lue au nom du numéro un de l'armée, le général Célestin Mbala Munsense. "Vous nous avez quittés dans la fleur de l'âge, pendant que la nation avait encore besoin de vous", a-t-il été dit, avant que les cercueils soient portés vers un cimetière à l'ouest de la ville. A plus de 1.500 km à l'ouest, dans la capitale Kinshasa, plusieurs milliers de personnes ont défilé à l'appel principalement de l'opposant Martin Fayulu, scandant des slogans hostiles au Rwanda et à son président Paul Kagame qualifié de "criminel". La police a fait usage de gaz lacrymogènes lorsque quelques échauffourées ont éclaté au passage du cortège dans des quartiers réputés favorables au pouvoir du président Félix Tshisekedi. Plusieurs autres manifestations anti-Rwanda ont été organisées ces derniers jours à Kinshasa et dans d'autres villes à travers le pays.