RDC: nouvelle manifestation anti-Rwanda à Kinshasa

AFRICA RADIO

14 juin 2022 à 18h21 par AFP

Quelques centaines de personnes ont de nouveau manifesté mardi à Kinshasa pour demander la rupture des relations diplomatiques avec le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23, et appeler le président congolais Félix Tshisekedi à sortir de son silence, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Le tueur de nos frères c'est (le président rwandais Paul) Kagame. Nous demandons l'arrêt des relations diplomatiques, politiques et économiques avec Kigali", a déclaré Joël Lamika, responsable du mouvement citoyen "Les consommateurs lésés", durant ce rassemblement devant le ministère des Affaires étrangères de RDC. "Si le président Félix Tshisekedi est réellement pour nous, il n'est plus question de dérouler le tapis rouge" aux responsables rwandais, a-t-il insisté, avant que les manifestants reprennent en choeur : "Karega doit partir". Depuis fin mai, quand de violents combats ont éclaté entre l'armée de RDC et les rebelles du M23 dans le Nord-Kivu (est), plusieurs manifestations ont été organisées pour appeler à l'expulsion de l'ambassadeur rwandais Vincent Karega. Ce dernier a été convoqué pour recevoir une mise en garde "sévère", selon les autorités. "On ne va pas continuer à cajoler le Rwanda pour les raisons que nous ignorons (...) Bunagana est tombé", "le président de la République doit s'adresser à la nation pour mobiliser tous les Congolais, son silence n'aide pas les choses à aller dans la bonne direction", a déclaré à l'AFP un autre manifestant, Hugues-Israël Bwene. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Samuel Adubang'O Awotho, est sorti pour recevoir leur mémorandum et a salué leur "sens du patriotisme" et leur "soutien à l'armée". Lundi, la localité congolaise de Bunagana, un important centre commercial à la frontière avec l'Ouganda, est tombée entre les mains des rebelles du M23 ("Mouvement du 23 mars"). L'armée congolaise a accusé le Rwanda d'"invasion" de son territoire. La semaine dernière, l'armée de RDC avait accusé Kigali d'avoir envoyé 500 de ses militaires dans l'est du pays, ce que le gouvernement rwandais avait démenti, comme il nie tout soutien au M23. Rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013 par Kinshasa, le M23 a repris les armes fin 2021, en reprochant aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté un accord pour la démobilisation et la réinsertion de ses combattants.