RDC: un mort dans la répression d'une manifestation de miliciens démobilisés

Par AFP

AFRICA RADIO

Un milicien démobilisé a été tué dimanche par balle lors de la dispersion d'une manifestation contre les mauvaises conditions de vie dans leur camp dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris auprès d'un responsable local.

Des centaines de miliciens démobilisés ont bloqué pendant au moins cinq heures un axe routier stratégique qui approvisionne Goma, capitale du Nord-Kivu, en produits alimentaires et sert de voie d'évacuation des minerais. L'armée est venue les disperser: "le bilan est d'un mort et trois blessés", a déclaré à l'AFP Mwami Bauma Bisubu, chef de groupement Kamuronza situé à une vingtaine de kilomètres de Goma. "Nous exigeons de quitter le camp de Mubambiro. Ici il n'y a pas de nourriture, il n'y a pas des soins médicaux. Voilà que maintenant, ils commencent à nous tuer par balles", a protesté auprès de l'AFP Jospin Kambale, un démobilisé venu de la région de Beni. L'un des miliciens démobilisés était décédé dans la nuit "à cause de la faim et par manque de soins médicaux", selon des témoignages de trois anciens miliciens interrogés par l'AFP lors de la manifestation. Aucun responsable de l'armée n'était disponible pour répondre à l'AFP. En juillet, des démobilisés avaient bloqué cet axe routier pour dénoncer les conditions de vie dans le camp où ils manquaient tout. "A sa création en 2019, le camps de Mubambiro devait héberger un millier de démobilisés. Mais, à cause des mauvaises conditions de vie, plus de la moitié ont repris le chemin de la brousse", a déploré auprès de l'AFP Jacques Katembo, responsable du programme gouvernemental de démobilisation et de réinsertion des miliciens dans le Nord-Kivu. L'est congolais est déstabilisé depuis plus de deux décennies par la présence de groupes armés locaux et étrangers. Plusieurs programmes de démobilisations initiés par le gouvernement et ses partenaires du système des Nations unies ont produit des résultats mitigés. Pour mettre fin à l'activité de ces groupes, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées en état de siège depuis le 6 mai par le président Félix Tshisekedi, qui a notamment nommé des officiers de l'armée et de la police pour remplacer les autorités civiles.