Retour des premiers soldats somaliens s'étant entraînés en Erythrée

AFRICA RADIO

21 décembre 2022 à 15h06 par AFP

Un premier contingent de soldats somaliens envoyés pour s'entraîner en Erythrée sont rentrés mercredi au pays, a annoncé le ministre de la Défense, après des mois de rumeurs évoquant leur déploiement secret dans la région éthiopienne en guerre du Tigré.

De premiers soldats somaliens "formés en Erythrée sont retournés (mercredi) au pays et les autres reviendront dans les prochains jours", a déclaré Abdulkadir Mohamed Nur, ministre de la Défense, sans préciser combien de soldats étaient concernés. Selon le ministre, "ces soldats entraînés participeront à la lutte" contre les islamistes radicaux shebab, groupe affilié à Al-Qaïda qui combat depuis 15 ans le gouvernement fédéral. Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud avait annoncé lundi, lors d'une visite aux Etats-Unis, que tous les soldats présents en Erythrée "seront rentrés" d'ici janvier. Ces soldats somaliens en Erythrée ont été au coeur de polémiques et de tensions durant le mandat de son précédesseur, Mohamed Abdullahi Mohamed dit Farmajo. A plusieurs reprises depuis 2021, des familles de militaires ont manifesté pour demander des informations sur le sort de leurs fils dont ils étaient sans nouvelles. Des rumeurs évoquaient alors la mort de centaines d'entre eux dans la région du Tigré, où ils auraient été déployés secrètement aux côtés des forces érythréennes qui appuyaient l'armée fédérale éthiopienne dans ses combats menés contre les rebelles tigréens depuis novembre 2020. Le rapporteur spécial des Nations unies chargé des droits humains en Erythrée, Mohamed Abdelsalam Babiker, avait évoqué en juin 2021 "des renseignements indiquant que des soldats somaliens ont été transférés de camps d'entraînement militaire, situés en Érythrée, vers la ligne de front au Tigré, où ils ont accompagné les soldats érythréens". Lors de la passation de pouvoir entre Hassan Cheikh Mohamoud et Farmajo fin mai, ce dernier avait déclaré que son gouvernement avait envoyé environ 5.000 soldats en Érythrée pour leur entraînement. Il a expliqué que leur formation s'était terminée l'année dernière mais qu'il avait décidé de reporter leur retour pour éviter toute interférence dans le fragile processus d'élections parlementaires et présidentielle alors en cours. Hassan Cheikh Mohamoud avait fait du retour de ces soldats une promesse de campagne. Le gouvernement fédéral éthiopien et les rebelles du Tigré ont signé un accord de paix, le 2 novembre en Afrique du Sud, pour mettre fin au conflit meurtrier qui les opposait depuis deux ans et a créé une grave crise humanitaire dans le nord de l'Ethiopie.