Rohingyas: l'affaire de génocide devant la CIJ est légitime, estime la Gambie

AFRICA RADIO

23 février 2022 à 16h06 par AFP

La Gambie, qui accuse la Birmanie de génocide contre les Rohingyas devant la plus haute instance judiciaire des Nations Unies, a déclaré mercredi que la procédure était bel et bien légitime, rejetant des propos de la junte au pouvoir en Birmanie.

Dans une affaire portée en 2019 devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui siège à La Haye, aux Pays-Bas, la Gambie accuse, au nom de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), le pouvoir birman de violations de la Convention des Nations unies sur le génocide de 1948. La junte au pouvoir en Birmanie a contesté lundi la compétence de la Cour pour se prononcer sur l'accusation de génocide contre les Rohingyas, minorité musulmane du pays, et observé que la Gambie n'avait pas son mot à dire dans l'affaire. "Nous cherchons à protéger non seulement les droits des Rohingyas, mais aussi nos propres droits en tant qu'État partie à la convention sur le génocide", a déclaré mercredi devant les juges le ministre gambien de la Justice Dawda Jallow. "Il serait irresponsable de prétendre que ce cela ne nous regarde pas", a ajouté M. Jallow. Créée après la Seconde Guerre mondiale, la CIJ tranche les différends entre des États, or l'OCI est une organisation internationale, et non pas un Etat, un facteur qui rend la requête irrecevable et rend la CIJ non compétente en l'affaire, estime la Birmanie. "C'est bel et bien un différend entre la Gambie et la Birmanie", a affirmé M. Jallow. "Nous en faisons notre affaire lorsque nous, en tant que nations civilisées, sommes engagés dans le pacte en vertu de la convention sur le génocide de 1948", a-t-il poursuivi. Environ 850.000 Rohingyas vivent dans des camps de fortune au Bangladesh, après avoir fui en 2017 une répression militaire sanglante dans leur pays à majorité bouddhiste. Quelque 600.000 autres restent dans l'Etat Rakhine, en Birmanie.