Sahara occidental: Sanchez s'expliquera la semaine prochaine devant le Parlement

AFRICA RADIO

22 mars 2022 à 16h51 par AFP

Attaqué de toutes parts sur son virage à 180 degrés sur le Sahara occidental, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s'expliquera la semaine prochaine devant les députés, a indiqué mardi la porte-parole du gouvernement.

L'Espagne a opéré vendredi un changement de position radical sur son ex-colonie en se prononçant pour la première fois publiquement en faveur de la proposition d'autonomie du Maroc, alors qu'elle avait toujours prôné la neutralité, afin de mettre fin à une crise diplomatique avec Rabat. "Le chef du gouvernement comparaîtra devant la Chambre des députés (...) pour rendre compte des conclusions du Conseil européen (...), du sommet de l'Otan" qui se tiennent jeudi à Bruxelles "et de ce nouveau cadre de relations avec le Maroc", a déclaré Isabel Rodriguez à l'issue du conseil des ministres. "Cela sera très probablement mercredi prochain", a-t-elle ajouté. Le conflit du Sahara occidental, considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario réclame un référendum d'autodétermination. Ce virage diplomatique de Pedro Sanchez, qui a notamment pour but d'obtenir une "totale coopération" de Rabat sur le contrôle de l'immigration illégale, a été attaqué de toutes parts en Espagne et en particulier par la gauche radicale de Podemos, alliée des socialistes au sein de la coalition au pouvoir et favorable à l'autodétermination des Sahraouis. Devant la presse, Isabel Rodriguez a de nouveau défendu l'accord avec Rabat qui permet "de mettre fin à une crise politique entre les deux pays". "Nous travaillions depuis des mois" sur cet accord qui est "une bonne nouvelle pour notre pays", a-t-elle affirmé. Ce changement de position de Madrid a rendu furieux Alger qui a rappelé samedi son ambassadeur à Madrid. L'accord avec Rabat "n'affecte en rien la relation avec d'autres pays", "l'Algérie est aussi pour nous un partenaire solide, stratégique et prioritaire et un fournisseur d'énergie fiable", a assuré Isabel Rodriguez. Intervenant au Sénat, le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a assuré pour sa part que "la position de l'Espagne était similaire à celle de la France et de l'Allemagne". "Il y a deux possibilités" dans ce dossier, a-t-il dit. "Parler, parler ou contribuer à résoudre un conflit qui dure depuis 46 ans, et c'est ce que veut faire le gouvernement espagnol", s'est-il défendu.