Sénégal: l'opposant Sonko dit qu'il sera candidat en 2024, procès ou pas

AFRICA RADIO

19 janvier 2023 à 15h51 par AFP

L'un des chefs de l'opposition sénégalaise, Ousmane Sonko, a assuré jeudi que son renvoi devant un tribunal pour viols présumés ne l'empêcherait pas d'être candidat à la présidentielle de 2024.

M. Sonko, troisième à la présidentielle de 2019, a à nouveau dénoncé devant la presse une "vraie fausse affaire judiciaire, une affaire strictement politique, instrumentalisée par le pouvoir de Macky Sall dans le dessein exclusif d'écarter un candidat qui, de loin, semble être un des mieux placés pour remporter la prochaine élection présidentielle". M. Sonko est inculpé depuis mars 2021 pour viols et menaces de mort sur une employée d'un salon de beauté de Dakar où il allait se faire masser. Le juge d'instruction vient d'ordonner qu'il soit jugé devant une cour criminelle. M. Sonko a toujours protesté de son innocence et a de nouveau parlé jeudi de "complot" du président Sall, ce que celui-ci réfute. L'affaire est une source constante de tensions. L'arrestion de M. Sonko avait contribué en mars 2021 à déclencher plusieurs jours d'émeutes meurtrières, de pillages et de destructions qui avaient fait au moins une douzaine de morts. M. Sonko a été placé depuis sous contrôle judiciaire. Son renvoi devant un tribunal introduit une inconnue supplémentaire dans la campagne à venir, en raison des perturbations que pourrait causer un procès ou des conséquences d'une éventuelle condamnation sur sa candidature. "Personne ne peut m'empêcher, s'il plaît à Dieu, d'être candidat en 2024 et je ne vois pas le juge qui va me condamner à cinq ans d'emprisonnement", a dit M. Sonko. Ses avocats disent que son renvoi devant une cour est susceptible de recours. Aucune date n'est fixée pour un éventuel procès. M. Sonko a affirmé que le juge était en "mission commandée" pour le pouvoir. "Depuis que je suis en politique je suis systématiquement persécuté par cette justice", a-t-il déclaré. Macky Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, maintient le flou sur son intention de passer outre ou non de vives objections constitutionnelles et de briguer un nouveau mandat en 2024.