Sénégal: le Parlement rejette une motion de censure de l'opposition à Macky Sall

AFRICA RADIO

15 décembre 2022 à 15h51 par AFP

Le Parlement sénégalais a rejeté jeudi une motion de censure déposée contre le nouveau gouvernement par une coalition opposée au président Macky Sall, qui s'est fissurée lors du vote à un peu plus d'un an de la présidentielle.

La motion présentée par la coalition Yewwi Askan Wi (YAW, Libérons le peuple) n'a recueilli que 55 votes favorables, a déclaré le président de l'Assemblée nationale Amadou Mame Diop. Une majorité absolue de 83 sur 165 sièges était nécessaire pour faire tomber le gouvernement. Ni le nombre de votants ni celui des voix contre n'ont été communiqués. Mais YAW, qui compte 53 députés, a été loin de faire le plein théorique des voix de l'opposition. Une autre coalition d'opposition, Wallu (Sauvons le peuple, 27 députés), s'est abstenue. Cela "ne veut pas dire que nous sommes avec le gouvernement", a déclaré Mamadou Lamine Thiam, président du groupe parlementaire de Wallu. Il a invoqué le fait que Wallu n'avait pas été consulté avant le dépôt de la motion. Cette motion est rejetée dans un contexte politique nébuleux, avec un président Macky Sall confronté à une opposition revigorée mais à plusieurs têtes. La possibilité d'une candidature controversée de M. Sall à un troisième mandat en février 2024, avec le risque de contestation violente, domine le débat. Le président et son camp sont ressortis affaiblis de plusieurs jours d'émeutes en mars 2021, puis d'élections locales en janvier et législatives en juillet, où de grandes figures d'opposition, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, Karim Wade, tous prétendants déclarés ou possibles à la présidentielle, ont fait alliance. Les législatives ont privé le chef de l'Etat, actuellement président de l'Union africaine, de majorité absolue au Parlement, lui prédisant des mois plus compliqués, bien que l'exercice du pouvoir soit concentré entre ses mains. La rentrée parlementaire a été émaillée d'une série d'incidents en septembre. Au moment où l'Assemblée débattait de la motion de censure jeudi, deux députés d'opposition étaient gardés à vue pour avoir frappé une collègue en pleine session et en public le 1er décembre.