Sénégal: une commission spéciale va statuer sur l'immunité de deux députés

Par AFP

AFRICA RADIO

L'Assemblée nationale du Sénégal a mis en place vendredi une commission ad hoc qui va statuer sur la levée de l'immunité parlementaire de deux députés membres du parti présidentiel, soupçonnés d'implication dans un trafic de passeports diplomatiques, a-t-on appris de sources parlementaires.

Les députés présents lors d'une séance plénière ont voté à l'unanimité pour la mise en place de cette commission, ont indiqué à l'AFP les députés Djibril War (majorité) et Mame Diarra Fame (opposition), sans préciser le nombre des présents. La commission est composée de 11 députés, dont huit de la majorité, deux de l'opposition et un député non affilié à un groupe, conformément aux textes. "La première réunion de la commission ad hoc est fixée à mardi. Nous allons prendre connaissance du fond du dossier, adopter un calendrier de travail, auditionner les deux collègues députés et, s'il y a lieu, en auditionner d'autres", a déclaré Dieh Mandiaye Ba, membre de la commission ad hoc, également présidente de la commission des lois. Les résultats seront ensuite livrés à l'Assemblée réunie en plénière, à une date non précisée. Si la procédure va à son terme, c'est à cette plénière qu'il appartiendra de se prononcer sur une déchéance ou non de l'immunité des deux députés, déchéance demandée par le juge en charge du dossier. Les deux députés sont soupçonnés d'avoir monnayé leurs services pour permettre à des individus d'obtenir des passeports diplomatiques. Selon des éléments de l'enquête publiés dans la presse, ils sont soupçonnés d'avoir joué les époux ou les pères grâce à des pièces d'état civil frauduleuses, permettant à leurs conjointes ou leurs enfants fictifs d'obtenir eux aussi un passeport. Un commerçant présenté comme le cerveau présumé de ce réseau est en prison depuis le 13 septembre. Au moins cinq chefs d'inculpation pèsent contre lui: "association de malfaiteurs, escroquerie, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux sur des documents administratifs, faux en écritures publiques authentifiées".