Sierra Leone: le président appelle à tirer les leçons de l'explosion qui a fait près de 100 morts

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président sierra léonais Julius Maada Bio a appelé dimanche ses compatriotes à tirer les leçons de l'explosion qui a fait 98 morts à Freetown, pour que cela ne se reproduise "plus jamais" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

"En tant que communauté, rassemblons-nous et tirons-en les leçons, pour que cela ne se reproduise plus jamais", a déclaré M. Bio qui s'est rendu dimanche sur les lieux d ela tragédie. "La police, l'armée et le personnel de santé vont collecter tous les corps en mauvais état pour voir comment leur offrir un enterrement digne", a ajouté le président Bio. Au moins 98 personnes ont été tuées et 92 autres blessées dans l'explosion d'un camion-citerne vendredi soir dans la zone industrielle de Freetown, capitale de la Sierra Léone, selon le dernier bilan de l'Agence nationale de gestion des catastrophes (NDMA). Le camion-citerne a explosé dans une station-service après avoir été percuté par un autre poids-lourds. Le feu s'est ensuite propagé au quartier alentour. Selon des témoins, la majorité des victimes sont des vendeurs ambulants et des motocyclistes piégés par les flammes alors qu'ils tentaient de récupérer le carburant s'échappant du camion-citerne. Plusieurs corps calcinés ont été découverts dans des carcasses de voitures encore fumantes sur le lieu de l'explosion et dans les rues adjacentes. Dans un message posté dimanche sur Twitter, Julius Maada Bio a également dit avoir écourté son voyage à Glasgow pour la COP26 et renoncé à se rendre à Accra pour le sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) suite à l'explosion. La Sierra Leone, ancienne colonie britannique de 7,5 millions d'habitants, est un des pays les plus pauvres de la planète malgré un sol regorgeant de diamants. Son économie, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste également fragile après l'épidémie d'Ebola qui a ravagé le pays en 2014-2016, la chute des cours mondiaux des matières premières et la pandémie de Covid-19.