Sierra Leone: les victimes civiles des émeutes d'août ont été inhumées

AFRICA RADIO

17 octobre 2022 à 19h06 par AFP

Les dépouilles de 27 civils tués en Sierra Leone en août lors d'émeutes contre la hausse des prix ont été inhumées lundi dans un cimetière de la capitale Freetown plus de deux mois après leur décès, a constaté un correspondant de l'AFP.

Interrogé par l'AFP sur les raisons de ce retard, Mohamed Rahman Swaray, le ministre de l'Information, a invoqué le temps requis pour faire identifier les disparus par des proches vivant loin de là pour certains, ou effrayés pour d'autres. Il a aussi argué de la nécessité de parvenir à un accord avec les familles sur les conditions des funérailles. La cérémonie précédant les obsèques a eu lieu sous la conduite de l'Etat, et non des familles elles-mêmes, uniquement pour des raisons de sécurité, a dit M. Swaray. Le frère d'une personnalité connue tuée au cours des évènements a assuré que ses proches avaient demandé à pouvoir l'enterrer en famille, ce qui lui avait été refusé : la famille de Hassan Dumbuya, influenceur et membre du principal parti d'opposition, a refusé les 20.000 leones (environ 1.200 euros) que le gouvernement a offert à chaque famille pour les frais d'obsèques, a dit son frère Alusine Koroma. La capitale et d'autres villes comme Makeni et Kamakwie (nord) ont été secouées le 10 août par de violents affrontements entre forces de sécurité et jeunes manifestants protestant contre la hausse des prix et réclamant le départ du président Julius Maada Bio, élu en 2018. Le gouvernement a fait état de la mort de six policiers et 27 civils dans un communiqué publié dimanche. La police a admis avoir mené après le 10 août des opérations pour arrêter les auteurs de violences. Elle a reconnu que, lors de l'une d'elles le 14 août, Hassan Dumbuya avait été tué dans un échange de coups de feu. "On lui a tiré dans le dos selon le rapport d'autopsie que nous avons reçu", a dit son frère. Le président Bio a accusé l'opposition d'avoir cherché à renverser le gouvernement. Malgré un sol regorgeant de diamants, la Sierra Leone est un des pays les plus pauvres au monde. Les six policiers tués ont été inhumés le 24 août lors d'obsèques auxquelles a pris part le président.