Somalie: le chef de l'ONU recommande un maintien jusqu'à décembre des effectifs de la force de paix Amisom

AFRICA RADIO

8 mars 2022 à 22h06 par AFP

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, recommande de maintenir en Somalie jusqu'au 31 décembre les effectifs actuels (20.000 militaires, policiers, civils) de la force de paix Amisom de l'Union africaine, dans une lettre au Conseil de sécurité obtenue mardi par l'AFP.

Le mandat de l'Amisom expire le 31 mars et le Conseil de sécurité doit voter le 30 mars une résolution prévoyant son remplacement par une nouvelle mission baptisée Atmis (Mission de transition de l'Union africaine en Somalie). Dans son document, remis lundi au Conseil de sécurité, Antonio Guterres indique être favorable à un plan de réduction progressif en quatre phases de l'Atmis jusqu'à une remise de la "responsabilité principale de la sécurité aux forces nationales somaliennes en Somalie d'ici la fin de 2023" et un départ de tous les militaires en 2024. Dans ce cadre l'Amisom reconfigurée pour devenir Atmis connaîtrait sa première réduction de 2.000 militaires après décembre 2022, d'autres diminutions intervenant au terme de chaque phase, précise-t-il. "Il est important que les niveaux de troupes en uniforme existants soient maintenus jusqu'à la fin de la première phase pour s'assurer que les gains durement acquis soient préservés et pour permettre une reconfiguration de la mission sans compromettre la sécurité actuelle", explique dans sa lettre le chef de l'ONU. Alors que l'Amisom est notamment financée par l'ONU et l'Union européenne, Antonio Guterres ne s'étend guère sur le détail du financement de la mission Atmis. "J'appelle la communauté internationale à poursuivre son soutien en fournissant des ressources adéquates à l'Atmis et aux forces de sécurité somaliennes, ainsi qu'en fournissant des capacités spécialisées", indique-t-il, en la remerciant de sa générosité pour les années passées. Ses recommandations font suite à un plan commun établi par l'UA et l'ONU. En raison d'un très long désaccord entre la Somalie et l'UA, cette étude n'a pu aboutir que très récemment alors qu'elle était attendue en 2021, selon des diplomates. L'Amisom a pour mission principale d'épauler les fragiles autorités somaliennes dans le combat contre l'insurrection menée par les jihadistes du groupe Al-Shabaab.