Somalie: le président et le Premier ministre conviennent d'"accélérer" le processus électoral

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président et le Premier ministre somaliens ont appelé dans un communiqué commun à "accélérer" le processus électoral devant déboucher sur la désignation d'un nouveau chef de l'Etat, mettant fin au conflit ouvert qui les opposaient depuis plus d'un mois.

"Compte tenu des retards qui affectent le calendrier électoral, les dirigeants ont convenu d'accélérer le processus électoral, en appelant les États membres fédéraux à commencer l'élection (de la Chambre basse) du Parlement dans les deux prochaines semaines", annonce le communiqué publié tard dans la soirée de jeudi. Le président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, et son Premier ministre Mohamed Hussein Roble s'opposaient frontalement depuis septembre sur les nominations au sein de l'appareil sécuritaire, faisant craindre à une nouvelle crise dans ce pays rongé par une impasse électorale récurrente et une insurrection jihadiste. Ce différend avait culminé avec l'annonce par le chef de l'Etat le 16 septembre qu'il suspendait les pouvoirs exécutifs du Premier ministre, une décision rejetée par ce dernier. Président depuis 2017, Farmajo a vu son mandat expirer le 8 février sans avoir pu s'entendre avec les dirigeants régionaux sur l'organisation d'élections, déclenchant une grave crise constitutionnelle. L'annonce mi-avril de la prolongation de son mandat pour deux ans avait provoqué des affrontements armés à Mogadiscio. Dans un geste d'apaisement, Farmajo avait chargé M. Roble, son Premier ministre depuis 2020, d'organiser les élections. Ce dernier était parvenu à un accord sur un calendrier électoral, avec pour horizon une élection du président le 10 octobre. Mais ce processus a pris du retard. La désignation des membres de la chambre basse, dernière étape avant l'élection du chef de l'Etat selon le complexe système électoral indirect somalien, doit désormais se tenir entre le 1er octobre et le 25 novembre, mais le vote n'a toujours pas eu lieu dans certains États pour la chambre haute, prévue avant. Selon le système électoral somalien, les assemblées des cinq Etats ainsi que des délégués investis par une myriade de clans et de sous-clans choisissent les législateurs qui à leur tour désignent le président.