Soudan: les dirigeants civils arrêtés toujours introuvables (avocat à l'AFP)

Par AFP

AFRICA RADIO

Les dirigeants civils arrêtés lors du coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane au Soudan sont toujours introuvables, a indiqué lundi à l'AFP leur avocat Kamal al-Jizouli, qui s'inquiète de leur santé et de possibles suites judiciaires.

"Nous nous sommes rendus au Parquet, pensant qu'ils y étaient retenus, mais ils n'y étaient pas", a affirmé l'avocat, alors que le chef de l'armée a indiqué après son coup de force que la justice pourrait en inculper certains. Sans lieu de détention connu ni chef d'inculpation ou enquêteurs nommés publiquement, ces "détenus sont maintenant dans la pire situation légale possible", prévient Me Jizouli, qui n'a pas précisé le nombre de dirigeants détenus. Le 25 octobre, le général Burhane avait dissous toutes les institutions du Soudan, tandis que le ministère de l'Information avait annoncé que "la plupart des ministres et les membres civils du Conseil de souveraineté", soit les autorités de transition, avaient été "arrêtés (...) par des forces militaires". Depuis, plusieurs ministres sont réapparus, dans les médias ou lors de rencontres avec des responsables étrangers. Le Premier ministre renversé Abdallah Hamdok a été ramené à son domicile, où il est désormais assigné à résidence. Le général Burhane a promis un gouvernement "sous une semaine", mais pour Me Jizouli, dont le collectif d'avocats défend régulièrement des personnes issues du mouvement prodémocratie, aucune négociation n'est possible sans une condition préalable. "Nous appelons tous ceux qui tentent des médiations pour résoudre la crise à exiger que soit rendu public le lieu où ministres et politiciens sont détenus", martèle-t-il. L'ensemble des forces pro-démocratiques au Soudan ont également posé cette condition à tout dialogue, alors que l'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, a évoqué des "médiations" pour sortir le pays de l'impasse. Ainsi, la cheffe de la diplomatie soudanaise, Mariam Sadeq al-Mahdi, a affirmé lundi à l'AFP refuser de "participer à cet acte grotesque, cette trahison menée par les putschistes". Depuis la chute en 2019 du dictateur Omar el-Béchir, le général Burhane était à la tête d'autorités militaro-civiles chargées de mener la transition vers un pouvoir entièrement civil. Mais après plus de deux ans d'une délicate transition minée par les divisions entre et au sein des deux clans civil et militaire, l'entente a volé en éclats ces dernières semaines, culminant avec le putsch.