Soupçons de financement libyen: un ex-cadre d'Airbus mis en examen en France

AFRICA RADIO

13 mai 2022 à 11h36 par AFP

Un ancien cadre d'Airbus a été mis en examen mi-mars, notamment pour "corruption active d'agent public étranger", dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en France visant les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Édouard Ullmo a été mis en examen pour "complicité de corruption active", "corruption active d'agent public étranger", "association de malfaiteurs", "blanchiment de corruption active et passive" et pour "corruption active et passive d'agent public étranger en bande organisée", selon la même source, confirmant une information du site d'information Mediapart. Il est soupçonné d'avoir ordonné un virement de 2 millions d'euros sur un compte à Singapour appartenant à l'intermédiaire Alexandre Djouhri, également mis en examen dans ce dossier. Selon Mediapart, les soupçons de la juge d'instruction Aude Buresi portent sur la vente en 2006 de douze avions Airbus au régime de Mouammar Kadhafi. Trois semaines après la conclusion de ce contrat, deux millions d'euros auraient été virés, à la demande de M. Ullmo, sur un compte de M. Djouhri ouvert à Singapour. Sa mise en examen "ne repose sur aucun fondement sérieux et nous comptons fermement sur l'instruction - dont nous respecterons le secret - pour l'établir", a réagi auprès de l'AFP son avocate Me Charlotte Plantin. "Édouard Ullmo n'a pas compris les accusations dont il était l'objet, il ne les comprend toujours pas à la lecture de la procédure", a-t-elle ajouté. "Airbus coopère actuellement avec les autorités dans le cadre d'une enquête judiciaire française relative à la Libye. A ce titre, la société a répondu positivement aux demandes d'information des autorités", a déclaré à l'AFP un porte-parole du groupe. "Cette procédure judiciaire étant toujours en cours, Airbus n'a pas d'autre commentaire à apporter sur ce sujet", a-t-il ajouté. Apparu au coeur de versements suspects entre la Libye de Mouammar Kadhafi et des proches de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, Alexandre Djouhri est mis en examen pour plusieurs chefs, dont "corruption active" ou "complicité et recel de détournements de fonds publics". Des juges enquêtent depuis 2013 sur le fond de ces accusations de financement libyen de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, formulées par l'intermédiaire libanais Ziad Takieddine et d'anciens dignitaires libyens. L'ancien président a toujours contesté tout financement de ce type. jpa-tq/gd/rfo/lum/dlm [object Object]