Sud-est du Nigeria: un policier tué par des hommes armés

Par AFP

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Des hommes armés ont tué mardi un policier et en ont blessé un autre dans le sud-est du Nigeria, en proie à des troubles séparatistes, ont affirmé mercredi les autorités locales.

"Les hommes ont incendié le quartier général de la police divisionnaire à Arondizuogu, dans le district d'Ideato, dans l'État d'Imo, tuant un policier", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de cet État Michael Abattam. Le commissaire de police a également été blessé lors de l'attaque, a ajouté M. Abattam. "Nous sommes à la poursuite des assaillants afin de les ramener devant la justice", a précisé le porte-parole. Cette région du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, est confrontée à une montée des violences et plus d'une centaine de policiers et membres des forces de sécurité ont été tués par des hommes armés depuis le début de l'année, selon un bilan des médias locaux. Lundi, un soldat avait également été tué dans l'Etat d'Imo, dans le district d'Oru Est, lors d'une confrontation entre des militaires et des hommes armés qui voulaient obliger les habitants à respecter le mot d'ordre d'une journée ville morte lancée par un groupe séparatiste. Les autorités accusent le Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob) et son aile paramilitaire d'être à l'origine des violences dans la région, ce qu'ils nient. A plusieurs reprises ces derniers mois, l'Ipob a cependant ordonné aux habitants la fermeture des commerces pour protester contre l'arrestation de leur leader Nnamdi Kanu, qui fait face à un procès pour "terrorisme". L'Ipob rêve de voir renaître la défunte République du Biafra, dont la proclamation d'indépendance avait entraîné une guerre civile de 30 mois entre 1967 et 1970. Le conflit avait fait plus d'un million de morts, principalement des Igbo, surtout de famine et de maladie. Plusieurs résident ont affirmé à l'AFP que l'armée avait mis le feu à plusieurs bâtiments lundi après l'affrontement avec les séparatistes. Amnesty international a accusé les forces de sécurité nigérianes d'avoir tué au moins 115 personnes entre mars et juin cette année dans la répression du mouvement séparatiste. La rhétorique séparatiste s'amplifie à l'approche de l'élection présidentielle de 2023 dans le pays le plus peuplé d'Afrique, riche en pétrole mais à l'économie très dégradée en raison d'une mauvaise gestion et de la pandémie de Covid-19.